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Terminal à conteneurs du port de Houston, symbole des échanges commerciaux entre les États-Unis et leurs partenaires

Washington menace le Brésil d’une surtaxe de 25 % avant l’échéance du 15 juillet

Le représentant américain au commerce dispose jusqu’au 15 juillet pour décider s’il frappe les produits brésiliens d’une surtaxe de 25 %, au terme d’une enquête ouverte contre le géant sud-américain au titre de la Section 301, l’arme unilatérale du droit commercial des États-Unis.

La menace, formalisée dans une détermination de l’USTR datée du 1er juin, referme un dossier qui empoisonne depuis des mois les relations entre les deux premières économies des Amériques. Brasília a déposé sa défense écrite le 1er juillet et plaidé sa cause lors d’une audience publique tenue les 6 et 7 juillet à Washington. Le calendrier légal ne laisse désormais qu’une poignée de jours à l’administration américaine pour trancher.

Une enquête aux six griefs

L’USTR reproche au Brésil des pratiques qu’il juge « déraisonnables » dans six domaines, selon la détermination publiée le 1er juin. Le document cite le traitement réservé aux plateformes numériques et aux services de paiement électronique américains, des tarifs préférentiels accordés à des concurrents comme le Mexique et l’Inde, une lutte anticorruption jugée insuffisante, la protection de la propriété intellectuelle, l’accès au marché de l’éthanol et la déforestation illégale.

« Nous continuons d’avoir des divergences substantielles quant à la résolution des problèmes identifiés dans cette enquête », a déclaré l’ambassadeur Jamieson Greer, représentant américain au commerce, dans le communiqué de l’USTR. La procédure Section 301 offre à Washington une large latitude pour imposer des sanctions commerciales sans passer par l’Organisation mondiale du commerce.

Plus de 1 600 produits épargnés

La surtaxe envisagée s’accompagne d’une longue liste d’exemptions. Une annexe recense plus de 1 600 lignes du tarif douanier américain qui échapperaient à la mesure, dont environ 430 réservées aux usages aéronautiques civils, d’après le texte de l’USTR. Café, bœuf, jus d’orange, noix du Brésil, minerai de fer, produits pétroliers et pièces d’aéronefs figurent parmi les biens préservés, soit une part importante des principales exportations brésiliennes vers les États-Unis.

Ces exceptions limiteraient la portée immédiate d’une taxe qui, sur le papier, viserait « tous les produits » brésiliens. Elles trahissent aussi la dépendance de plusieurs filières américaines à ces importations, du café torréfié aux composants du constructeur Embraer.

Brasília cherche la sortie négociée

Le gouvernement brésilien affiche un objectif clair. « Notre but est d’obtenir l’élimination ou la suspension des droits de douane, que nous parvenions ou non à un accord au préalable », a indiqué le secrétaire au Commerce extérieur, Márcio Elias Rosa, cité par DatamarNews le 2 juillet. Il a rappelé que « les États-Unis affichent un solide excédent commercial avec le Brésil », un argument que Brasília oppose au discours de déficit avancé par Washington.

Les données publiques semblent lui donner raison. Les États-Unis ont maintenu en mars un excédent commercial de 420 millions de dollars avec le Brésil, rapporte Al Jazeera, qui note que ce chiffre contredit la thèse d’un déséquilibre défavorable à Washington. Certaines filières souffrent déjà de l’incertitude, comme la chaussure, dont les expéditions vers le marché américain ont reculé de 25,7 % sur les cinq premiers mois de 2026.

Un précédent judiciaire dans les mémoires

La confrontation n’est pas inédite. En juillet 2025, l’administration Trump avait déjà imposé au Brésil une surtaxe de 50 %, en partie liée aux poursuites visant l’ancien président Jair Bolsonaro, rappelle Al Jazeera. Ces droits avaient été invalidés par la Cour suprême américaine en février 2026, ce qui fragilise par avance toute mesure jugée politique.

Le président Luiz Inácio Lula da Silva avait prévenu, dès l’annonce de juin, que son pays ne pouvait « pas accepter » un tel traitement, tout en disant vouloir préserver le lien institutionnel avec Washington et se tourner vers d’autres partenaires commerciaux si nécessaire, selon Al Jazeera. Le secteur privé s’est mobilisé à l’audience de Washington pour réclamer des allègements sectoriels. La décision de l’USTR, attendue au plus tard le 15 juillet, dira si la surtaxe entre en vigueur, se trouve suspendue ou cède la place à un accord.

Auteur/autrice

  • Spécialiste des startups pour news.chastin.com, Arielle s'intéresse à l'évolution des jeunes entreprises et les tendances de l'innovation. Passionnée par l'entrepreneuriat et les nouvelles technologies, elle aime partager des conseils pratiques pour réussir dans cet écosystème compétitif. En dehors du monde des startups, Arielle se passionne pour la cuisine et la danse.

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