Legrand a relevé mardi 29 juillet ses objectifs financiers pour 2026, après un premier semestre qualifié de record par le fabricant français d’équipements électriques, tiré par la demande des centres de données et une série d’acquisitions. Le titre a pourtant reculé en Bourse dans la foulée.
Le groupe, valeur du CAC 40, a publié un chiffre d’affaires semestriel de 5,4 milliards d’euros, en hausse de 13,1% sur un an, selon son communiqué relayé par Boursorama et ABC Bourse. La croissance hors effets de change ressort à 17%. Legrand vise désormais une progression de ses ventes comprise entre 16% et 19% pour l’exercice, contre une fourchette de 10% à 15% annoncée précédemment.
Un semestre tiré par les centres de données
L’activité liée aux datacenters a crû de plus de 30% en organique sur la période et représente désormais environ un tiers du chiffre d’affaires du groupe, soit 32% selon les chiffres publiés par ABC Bourse. Cette dynamique s’appuie principalement sur les États-Unis, où l’expansion des infrastructures d’intelligence artificielle soutient la demande en solutions de distribution et de gestion électrique.
Cette poussée compense le tassement du secteur du bâtiment en Europe, resté atone au premier semestre. « Legrand affiche une croissance record de +17% hors change, tirée par les centres de données et les acquisitions », a déclaré Benoît Coquart, directeur général du groupe, cité par ABC Bourse.
La croissance organique, qui exclut les effets de périmètre et de change, s’est établie à 9,8% sur le semestre, selon les chiffres communiqués par le groupe et relayés par ABC Bourse. L’effet des devises a en revanche pesé négativement sur les comptes, un facteur récurrent pour un groupe réalisant une part importante de son activité hors zone euro, notamment aux États-Unis.
Des objectifs relevés sur plusieurs fronts
Outre la fourchette de croissance totale, Legrand a revu à la hausse sa prévision de croissance organique, désormais attendue entre 8% et 10%, contre 4% à 7% auparavant. La contribution des acquisitions est estimée autour de 8%. « Nous relevons nos objectifs pour l’année 2026 », a résumé Benoît Coquart, selon Boursorama.
La marge opérationnelle ajustée reste, elle, inchangée, dans une fourchette de 20,5% à 21%. Sur le semestre, le résultat opérationnel ajusté a atteint 1 123,6 millions d’euros, en hausse de 12%, et le résultat net part du groupe s’est établi à 698,2 millions d’euros, en progression de 11,2%, pour une marge nette de 12,9%, d’après ABC Bourse.
Une croissance externe soutenue
Le groupe a réalisé sept acquisitions depuis le début de l’année, dont celle du finlandais Axel Health, spécialiste des solutions de santé connectée, qui affiche environ 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, selon Boursorama. Cette stratégie de croissance externe reste un moteur assumé du modèle de Legrand, dont l’effet périmètre a contribué pour près de 7 points à la hausse du chiffre d’affaires semestriel.
Le cash-flow libre s’est élevé à 488,3 millions d’euros, soit 9% du chiffre d’affaires, un niveau qui laisse une marge de manœuvre pour financer d’éventuelles opérations supplémentaires d’ici la fin de l’exercice.
Le marché reste prudent
Malgré ce relèvement d’objectifs, l’action Legrand a reculé en séance mardi. Le titre cédait environ 1,6%, autour de 126,55 euros, selon Boursorama, dans un marché parisien par ailleurs soutenu par une salve de résultats d’entreprises. Ce décalage entre des chiffres jugés solides et une réaction négative du cours reflète des attentes déjà élevées sur la valeur, très exposée au thème des centres de données.
La publication intervient en pleine saison des résultats semestriels en Europe, où plusieurs groupes du CAC 40, dont Air Liquide, Danone et Hermès, ont livré leurs comptes cette semaine. Air Liquide a notamment fait état d’un résultat opérationnel courant de 2,89 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 8,8%, tandis que Danone confirmait ses objectifs annuels, selon les publications relayées par la presse financière.
Les investisseurs surveillaient également les décisions monétaires attendues des banques centrales, susceptibles de peser sur la trajectoire des indices dans les prochaines séances. Pour Legrand, la question posée aux marchés reste celle de la durée du cycle d’investissement dans les centres de données, devenu le principal moteur de sa croissance et, désormais, sa principale source de sensibilité boursière.
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Voir toutes les publicationsEmmanuel Doiron suit l’actualité boursière, les marchés financiers et les entreprises cotées, avec un intérêt particulier pour les résultats et les tendances économiques.




