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Représentation numérique d’actifs financiers tokenisés circulant sur une blockchain

Securitize obtient le statut de conseiller agréé par la SEC

Securitize Capital, filiale du spécialiste américain de la tokenisation d’actifs, a vu son enregistrement comme conseiller en investissement (RIA) auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) prendre effet le 27 juillet 2026, selon un communiqué relayé par InvestmentNews et The Cryptonomist. L’agrément survient alors que le marché des actifs réels tokenisés approche un record de 37 milliards de dollars.

Cette homologation ajoute un quatrième pilier réglementaire à la plateforme, qui réunit désormais un conseiller agréé (RIA), un courtier exploitant un système alternatif de négociation (ATS), un agent de transfert et une activité d’administration de fonds. Securitize entend ainsi dialoguer directement avec gérants d’actifs et investisseurs institutionnels sur des stratégies tokenisées, une capacité jusqu’ici hors de sa portée sans enregistrement formel.

Ce que change l’agrément

« Devenir un conseiller en investissement enregistré auprès de la SEC est une étape importante dans l’expansion continue de la plateforme de Securitize », a déclaré Carlos Domingo, cofondateur et directeur général de la société. Dans un second message rapporté par InvestmentNews, il a ajouté que « les gérants d’actifs et les investisseurs institutionnels veulent travailler avec des partenaires qui comprennent à la fois l’opportunité de la tokenisation et les obligations liées à une activité en marché régulé ».

Le statut RIA autorise Securitize Capital à gérer et conseiller des portefeuilles pour compte de tiers, et non plus seulement à émettre ou faire circuler des jetons. La société, qui revendique plus de 5 milliards de dollars d’actifs sous gestion en juillet 2026, émet notamment BUIDL, le fonds monétaire tokenisé de BlackRock, et compte parmi ses partenaires Apollo, KKR et VanEck. Concrètement, l’entreprise pourra désormais bâtir et commercialiser des stratégies tokenisées destinées à des clients qualifiés, un débouché fermé aux simples émetteurs de jetons.

Un marché à un pic historique

L’annonce intervient alors que la valeur des actifs du monde réel tokenisés sur blockchains publiques frôlait 37 milliards de dollars au 27 juillet, d’après les chiffres cités par InvestmentNews. Ce montant, tiré principalement par les bons du Trésor américain et les fonds monétaires, reste modeste au regard des marchés traditionnels, mais il a plus que triplé en un an, signe d’un basculement progressif des institutions vers les rails on-chain.

La concentration inquiète toutefois certains analystes. L’analyste de Citi Peter Christiansen a pointé « une forte concentration de clients au sein du fonds BUIDL de BlackRock » comme un risque à court terme, une dépendance qui touche directement Securitize en tant qu’émetteur du produit.

Une plateforme cotée depuis juillet

L’enregistrement complète une séquence dense pour l’entreprise basée à Miami, entrée en Bourse le 2 juillet 2026 à la Bourse de New York sous le symbole SECZ, à l’issue d’une fusion avec le véhicule Cantor Equity Partners II. Securitize s’était distingué le jour de sa cotation en portant sa propre action on-chain, une première revendiquée pour un titre coté américain.

Le calendrier épouse aussi les signaux du régulateur. Le 22 juillet 2026, la commissaire de la SEC Hester M. Peirce avait averti que les acteurs gérant des coffres on-chain et des stratégies de prêt décentralisé pourraient relever du droit des valeurs mobilières, y compris des obligations de conseiller en investissement. Selon elle, « à mesure que les titres passent on-chain, les coffres et les stratégies de prêt on-chain pourraient devenir des outils courants de gestion de portefeuille ».

Concurrence sur l’infrastructure

Coinbase, Kraken et Galaxy Digital exploitent déjà des services de conseil enregistrés auprès de la SEC, mais peu de rivaux réunissent sous un même toit l’émission, la négociation, l’agence de transfert, l’administration de fonds et le conseil. Cet empilement intégré constituerait, pour Securitize, sa principale barrière face à des concurrents contraints de reconstituer chaque brique séparément.

Reste à mesurer l’appétit réel des institutions une fois les fonds tokenisés effectivement lancés, dans un secteur où les records de capitalisation précèdent souvent les volumes d’échange.

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