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Salle des marchés boursiers, illustration de l'activité autour du rachat d'Exail par Thales

Thales rachète Exail Technologies pour 3,9 milliards d’euros et coiffe Safran sur les drones sous-marins

Thales a annoncé lundi 6 juillet un accord ferme pour racheter le spécialiste français des drones sous-marins Exail Technologies, sur la base de 134 euros par action, soit une valorisation de 3,9 milliards d’euros et une prime de 44 % sur le cours du 25 juin.

L’opération marque l’une des plus grosses acquisitions de l’année dans la défense française et intervient trois jours après le retrait de Safran, qui convoitait la même cible. Elle place Thales, déjà valeur phare du CAC 40, en position dominante sur un segment militaire en forte demande, celui de la robotique navale et des systèmes de navigation inertielle.

Un accord scellé avec la famille Gorgé

Selon le communiqué relayé par Boursorama et Option Finance, Thales a signé un accord ferme portant sur les 35,51 % du capital détenus par le PDG d’Exail, Raphaël Gorgé, et sa famille. Le groupe déposera ensuite une offre publique d’achat obligatoire visant 100 % des titres restants.

La finalisation de l’acquisition du bloc de contrôle est attendue d’ici le second semestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires et antitrust. L’OPA obligatoire sur le solde des actions se clôturerait au plus tard début 2028, précise le calendrier communiqué par le groupe.

« C’est un projet de développement qui est juste incroyable, qui est fantastique », a déclaré le PDG de Thales, Patrice Caine, cité par Option Finance. Du côté d’Exail, Raphaël Gorgé a reconnu avoir « été assez impressionné par la capacité de Thales à se positionner ».

Une bataille remportée face à Safran

L’accord met fin à une bataille entre deux poids lourds français de la défense. Safran, également candidat au rachat, avait manifesté un intérêt initial avant d’abandonner les négociations le vendredi soir précédant l’annonce, selon Option Finance. Thales s’est alors positionné et a conclu l’accord durant le week-end.

D’après Bloomberg, qui valorise l’opération à 4,5 milliards de dollars, l’appétit des industriels pour les drones sous-marins a été alimenté par les tensions en mer, la demande pour ce type d’équipements ayant progressé ces derniers mois. Exail, spécialisé dans la robotique maritime, la navigation, l’aérospatial et la photonique, a réalisé un chiffre d’affaires de 479 millions d’euros en 2025 et emploie plus de 2 200 personnes, précise l’agence.

Une opération jugée relutive dès la première année

Thales anticipe « plus de 90 millions d’euros de synergies annuelles au niveau du résultat opérationnel ajusté d’ici 2032 », rapporte Option Finance, avec un effet relutif sur le bénéfice par action dès la première année. Le montant de la prime, à 44 %, reste toutefois élevé au regard des standards du secteur, ce qui traduirait la rareté de la cible et l’intensité de la concurrence pour s’en emparer.

La double casquette d’Exail, à la fois militaire et industrielle, expliquerait la valorisation retenue. Le groupe fournit des systèmes de navigation employés aussi bien sur des drones que sur des plateformes navales et aéronautiques, un savoir-faire que Thales chercherait à intégrer à sa propre gamme.

Une valeur qui anime la cote du CAC 40

À la Bourse de Paris, l’annonce a soutenu les deux titres lundi. L’action Exail a progressé de 2,20 % et Thales de 1,93 %, selon Boursorama. La séance s’est inscrite dans un marché européen bien orienté, le CAC 40 évoluant autour des 8 480 points après avoir franchi la veille son plus haut de clôture depuis le 27 février au-dessus des 8 500 points.

La finalisation de l’acquisition du bloc familial, prévue pour le second semestre 2027, constituera la prochaine étape clé du dossier, avant le dépôt de l’offre publique obligatoire attendue au plus tard début 2028.

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