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Rangées de serveurs dans un centre de données, illustrant la reconversion des fermes de minage de bitcoin vers l'hébergement de calcul d'intelligence artificielle

TeraWulf loue 401 mégawatts à Anthropic et tourne le dos au minage de bitcoin

Le mineur de bitcoin TeraWulf a annoncé le 6 juillet un bail de vingt ans avec le laboratoire d’intelligence artificielle Anthropic, portant sur 401 mégawatts de capacité et environ 19 milliards de dollars de revenus, un contrat qui pèse davantage que la valeur boursière actuelle du groupe.

L’opération illustre la mue accélérée des exploitants de fermes de minage, qui reconvertissent leurs infrastructures énergivores pour héberger les calculs de l’intelligence artificielle plutôt que de valider des blocs de bitcoin. Selon CoinDesk, la capitalisation de TeraWulf, de l’ordre de 12 milliards de dollars, se trouve désormais dépassée par le chiffre d’affaires projeté d’un seul contrat.

Un bail de vingt ans sur le campus de Hawesville

D’après le communiqué publié par TeraWulf, Anthropic occupera jusqu’à 401 mégawatts de charge informatique sur le campus Justified Data, situé à Hawesville dans le Kentucky. La première tranche doit entrer en service au second semestre 2027, la pleine capacité étant attendue au début de 2028.

Les 19 milliards de dollars annoncés correspondent au revenu contracté sur la durée initiale du bail, et non à un encaissement immédiat. Rapporté aux vingt années prévues, le contrat représenterait un flux annuel de près d’un milliard de dollars, à comparer aux marges bien plus volatiles du minage.

Une réaction boursière franche mais tempérée

À l’annonce, l’action WULF a bondi jusqu’à 19 % en séance avant de refluer autour de 4 % de hausse à la clôture, selon CoinDesk. D’autres acteurs de l’infrastructure d’intelligence artificielle, dont CoreWeave, IREN, Hut 8 et Riot Platforms, ont également progressé, les investisseurs y voyant un nouveau signe de la demande pour les centres de données spécialisés.

La sortie de l’exploitation minière pure

Paul Prager, président et directeur général de TeraWulf, a estimé que l’accord confortait la trajectoire du groupe. « Le bail avec Anthropic valide notre stratégie et établit un flux de revenus de longue durée avec l’une des principales entreprises d’intelligence artificielle au monde », a-t-il déclaré dans le communiqué.

Le groupe accompagne ce virage d’une cession. TeraWulf indique vendre sa participation majoritaire de 50,1 % dans la coentreprise Abernathy, un centre de données de 168 mégawatts situé au Texas, à un consortium mené par Fluidstack. L’entreprise dit ainsi monétiser avec une prime un investissement d’environ 450 millions de dollars.

Ce que change ce type de contrat

Le passage du minage à l’hébergement d’intelligence artificielle modifie la nature même des revenus d’un exploitant comme TeraWulf. Les éléments avancés par l’entreprise et les médias financiers permettent de dégager plusieurs points.

  • Des recettes récurrentes et contractualisées sur vingt ans, là où le minage dépend du cours du bitcoin et de la difficulté du réseau.
  • Un client unique de premier plan, Anthropic, qui concentre le risque commercial sur une seule signature.
  • Un besoin de puissance électrique considérable, 401 mégawatts, qui prolonge l’empreinte énergétique des anciennes fermes de minage.
  • Une entrée en service progressive, étalée de fin 2027 à début 2028, qui repousse la matérialisation des revenus.

Un mouvement de fond dans le secteur du minage

TeraWulf n’agit pas isolément. D’après les données citées par CoinDesk, les mineurs de bitcoin ont collectivement cédé plus de 15 000 unités et signé pour plus de 70 milliards de dollars de contrats de calcul destinés à l’intelligence artificielle à la date de mars 2026. Ces chiffres, s’ils se confirment, traduiraient une réallocation massive d’infrastructures conçues à l’origine pour le seul bitcoin.

Pour ces sociétés, les atouts hérités du minage, à savoir des sites raccordés à une électricité abondante et des systèmes de refroidissement industriels, deviennent des arguments face à la course aux capacités de calcul. Le pari suppose toutefois de livrer dans les délais des installations de très grande taille, un exercice différent de l’exploitation d’équipements de minage.

Une valorisation suspendue à l’exécution

La comparaison mise en avant par CoinDesk, un contrat dont le revenu projeté excède la valeur boursière du groupe, résume l’enjeu et le risque. Le chiffre de 19 milliards de dollars reste un potentiel étalé sur deux décennies, conditionné à la mise en service des 401 mégawatts et à la solidité de la relation avec Anthropic.

Les investisseurs qui ont fait grimper l’action WULF paraissent parier sur la capacité de TeraWulf à exécuter ce basculement industriel. Le retrait partiel du titre en fin de séance, après un bond initial de près de 19 %, suggère que le marché intègre déjà la distance qui sépare l’annonce d’un bail des premières factures adressées au laboratoire d’intelligence artificielle.

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