SpaceX a intégré l’indice Nasdaq-100 le 7 juillet 2026 avant l’ouverture des marchés, soit à peine quinze séances après son entrée en Bourse, une rapidité rendue possible par un dispositif accéléré d’admission adopté par Nasdaq. Le groupe d’Elon Musk, coté sous le symbole SPCX, avait fait ses débuts le 12 juin.
Une entrée dans l’indice à un rythme record
Selon Seeking Alpha, l’inclusion de SpaceX dans le Nasdaq-100 est devenue effective avant l’ouverture du 7 juillet, quinze jours de cotation seulement après son introduction. CNBC rapporte que ce calendrier a été permis par un cadre d’admission accéléré, adopté par Nasdaq pour intégrer plus vite les très grandes capitalisations qui, autrement, auraient dû patienter plusieurs mois avant d’être éligibles.
Ce délai contraste avec les procédures habituelles des grands indices, dont certains imposent une période d’attente pouvant aller jusqu’à un an après une introduction. La bascule de SpaceX dans l’indice place le constructeur de fusées aux côtés des poids lourds technologiques suivis par les fonds indiciels adossés au Nasdaq-100.
Une introduction en Bourse d’ampleur historique
L’opération de juin avait déjà marqué les esprits. D’après CNBC et CoinDesk, SpaceX a levé 75 milliards de dollars en cédant 555,6 millions d’actions à 135 dollars pièce, ce qui en fait la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée, devant celle de Saudi Aramco et ses 29,4 milliards de dollars en 2019.
Le titre a bondi de 19 % dès sa première séance, clôturant autour de 161 dollars le 12 juin, puis a grimpé jusqu’à un sommet en séance proche de 225 dollars à la mi-juin avant de refluer autour de 160 dollars début juillet, rapporte CNBC. À ces niveaux, la valorisation du groupe s’est établie autour de 1 770 milliards de dollars lors de l’IPO, un ordre de grandeur qui le hisse parmi les entreprises américaines les plus valorisées.
Des flux passifs attendus, mais un poids limité
L’intégration dans un indice de référence déclenche mécaniquement des achats de la part des fonds indiciels, qui doivent répliquer sa composition. J.P. Morgan estime que l’entrée de SpaceX pourrait attirer environ 4,3 milliards de dollars d’investissements passifs à mesure que ces fonds rééquilibrent leurs portefeuilles, selon les données citées par Seeking Alpha et The Motley Fool.
Le poids initial de SpaceX resterait toutefois modeste, situé selon les estimations entre 0,47 % et 0,7 % de l’indice. Cette pondération réduite s’explique par un flottant limité, la majorité des titres demeurant détenus par des initiés ou restant soumis à des restrictions. À titre de comparaison, The Motley Fool relève qu’Amazon, pour une capitalisation voisine, pèse environ 4 % de l’indice, soit près de quatre fois plus.
Un accueil majoritairement favorable des courtiers
Plusieurs maisons de courtage ont adopté un discours optimiste à l’approche de l’échéance. Selon Reuters, relayé par Investing.com, Goldman Sachs juge que « nous considérons l’entreprise comme bien positionnée pour déployer à grande échelle ses avantages différenciés dans l’espace, la connectivité et l’IA ».
Deutsche Bank estime pour sa part que « SpaceX dispose d’un avantage clair pour déployer une infrastructure d’IA au sol et, à terme, en orbite, ce qui le positionne comme le principal haloscaler ». Les objectifs de cours affichés par les courtiers illustrent l’écart des vues sur le titre.
- Raymond James viserait 800 dollars, l’une des cibles les plus élevées du consensus.
- Plusieurs établissements, dont Morgan Stanley, Citi, Wells Fargo et UBS, afficheraient un positionnement favorable.
- MoffettNathanson, KeyBanc et Argus Research se montreraient neutres.
- CFRA se distinguerait avec une recommandation à la vente et une cible de 115 dollars, inférieure au prix d’introduction de 135 dollars.
Un précédent historique qui appelle à la prudence
Plusieurs analystes rappellent que l’entrée dans un indice n’a rien d’un catalyseur haussier automatique. CoinDesk souligne que Palantir, admis au Nasdaq-100 le 23 décembre 2024, avait atteint son sommet autour de la date d’inclusion avant de perdre environ 25 % dans les semaines suivantes.
Le même média cite le cas de Strategy, entré dans l’indice le même jour, mais dont le point haut de cycle, proche de 543 dollars, avait été touché un mois plus tôt, avant une correction d’environ 80 % depuis ce sommet. Interrogé par Reuters, Mark Hackett, de Nationwide, résume la nervosité ambiante en observant qu’« il y a de l’inquiétude quant à des attentes trop élevées », ajoutant s’attendre à ce que cela « se poursuive jusqu’à la publication de résultats ».
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Voir toutes les publicationsEmmanuel Doiron suit l’actualité boursière, les marchés financiers et les entreprises cotées, avec un intérêt particulier pour les résultats et les tendances économiques.




