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Écran de cotation affichant des chiffres financiers et des variations de cours de Bourse

Soitec et STMicroelectronics s’effondrent à Paris, victimes des doutes sur l’IA

La Bourse de Paris a terminé en baisse mardi 7 juillet 2026, emportée par un décrochage brutal des valeurs de semi-conducteurs, le CAC 40 reculant de 0,51 % à 8 436,24 points tandis que Soitec chutait de 17,09 % et STMicroelectronics de 7,99 %, selon Boursorama.

Ce plongeon des fabricants de puces européens illustre le retournement de sentiment qui frappe depuis plusieurs semaines les valeurs liées à l’intelligence artificielle, moteurs de la hausse des marchés depuis le début de l’année. Les investisseurs commencent à interroger les valorisations et la rentabilité des investissements massifs consacrés à l’IA, un doute qui pèse désormais sur des titres jusqu’ici parmi les plus recherchés de la cote.

Une contagion partie de Séoul

Le mouvement de vente trouve son origine en Asie. Le géant coréen Samsung Electronics a publié des résultats préliminaires jugés « spectaculaires » par Boursorama, avec un bénéfice trimestriel multiplié par dix-neuf sur un an. Ces chiffres n’ont pourtant pas rassuré les marchés, l’action Samsung cédant 6,92 % à la Bourse de Séoul.

Le contraste entre des résultats records et une sanction boursière traduit un changement d’attitude des intervenants, qui procèdent à des prises de bénéfices sur l’ensemble de la filière. D’après abcbourse, ce repli s’inscrit dans un mouvement de contagion directement lié à la baisse de Samsung, et non à une annonce défavorable propre aux groupes européens. Les perspectives commerciales de Soitec, qui a terminé la séance à 98,16 euros, et de STMicroelectronics, à 58,30 euros, ne sont pas remises en cause par ce décrochage de marché.

Des marchés « extrêmement exigeants »

Le sursaut de méfiance dépasse le seul cas de Samsung. Schneider Electric, exposé aux infrastructures de centres de données, a reculé de 3,72 % à 268 euros, prolongeant la pression sur les valeurs associées à l’essor de l’IA.

« On reste dans un environnement où on se pose des questions sur le secteur », a résumé Grégoire Kounowski, de Norman K, cité par Boursorama. Même prudence chez Allianz Global Investors, où Isabelle de Gavoty juge que « pour aller plus loin sur la tech, les investisseurs attendent des preuves, de nouveaux upgrades dans les résultats du second semestre ». Autrement dit, les excellents chiffres passés ne suffisent plus à justifier les cours actuels, et le marché réclame désormais des signes tangibles d’accélération pour la seconde partie de l’année.

Le reste de la cote amortit le choc

La correction est restée circonscrite aux valeurs technologiques, ce qui explique le repli mesuré de l’indice parisien au regard de l’ampleur des baisses individuelles. Plusieurs titres défensifs ou cycliques ont au contraire progressé, permettant au CAC 40 de limiter ses pertes.

  • Carrefour a gagné 3,7 %, après un relèvement d’opinion de Royal Bank of Canada, qui recommande désormais l’achat avec un objectif de 22 euros.
  • Air France-KLM a avancé de 2,5 % à 13,74 euros, JPMorgan tablant sur un résultat d’exploitation trimestriel de 408 millions d’euros, au-dessus du consensus de 301 millions.

Cette rotation sectorielle, des valeurs technologiques vers des secteurs moins exposés à l’IA, confirme que les investisseurs cherchent à réduire leur risque sur les segments les plus chèrement valorisés sans pour autant se retirer des actions.

Un test attendu à la rentrée des résultats

La séance parisienne contraste avec la vigueur affichée outre-Atlantique, où le Dow Jones a franchi pour la première fois le seuil des 53 000 points, selon MoneyVox. Ce grand écart souligne le poids spécifique des semi-conducteurs dans la cote européenne et sa sensibilité au moindre signal venu d’Asie.

La prochaine échéance se jouera lors de la publication des comptes semestriels des grands acteurs du secteur, attendue dans les semaines à venir. C’est à cette occasion que les investisseurs vérifieront si la demande de puces destinées à l’intelligence artificielle reste aussi soutenue que ne le laissent penser les résultats de Samsung, ou si le doute sur la rentabilité des dépenses d’IA finit par se matérialiser dans les carnets de commandes.

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