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Billets en euros de différentes valeurs disposés côte à côte

L’inflation de la zone euro ralentit à 2,8 % en juin et desserre l’étau sur la BCE

L’inflation de la zone euro a ralenti à 2,8 % sur un an en juin, contre 3,2 % en mai, selon l’estimation rapide publiée mardi 1er juillet par Eurostat, un recul plus marqué que prévu qui desserre la pression sur la Banque centrale européenne à trois semaines de sa prochaine réunion.

Ce repli, le premier de l’année 2026, prend à revers les économistes interrogés par l’agence, qui tablaient sur un taux de 3 %. Il intervient trois semaines après la première hausse des taux directeurs de la BCE depuis septembre 2023, décidée le 11 juin face à la remontée des prix liée au choc énergétique. La décrue de juin retire à l’institution de Francfort l’argument d’un resserrement immédiat lors de son rendez-vous du 23 juillet.

Le reflux tiré par l’énergie

Selon l’office statistique européen, le reflux tient d’abord à l’énergie, dont la hausse annuelle est retombée à 8,7 % en juin, contre 10,8 % en mai. Les services ont ralenti à 3,2 %, après 3,5 % le mois précédent, tandis que l’alimentation, l’alcool et le tabac progressaient de 1,6 %, contre 1,9 %. Les biens industriels hors énergie sont restés stables à 0,9 %. Le mouvement se retrouve aussi à l’échelle nationale : en Belgique, l’inflation est tombée à 3,0 % en juin, contre 4,0 % en mai et 4,2 % en avril.

L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation et sert de boussole aux banquiers centraux, est revenue à 2,4 % en juin, après 2,6 % en mai. Ce recul est le signal le plus scruté par la BCE, car il mesure les pressions de fond sur les prix, une fois écartées les composantes les plus volatiles.

Un calendrier délicat pour Francfort

Le calendrier tombe mal pour la communication de la BCE. Dans un entretien publié jeudi 2 juillet par Les Échos, la présidente de l’institution, Christine Lagarde, justifiait encore la hausse de juin par une dynamique sous-jacente orientée à la hausse. « L’inflation hors énergie et alimentation augmente et est passée de 2,2 % à 2,5 % », affirmait-elle, en s’appuyant sur des projections tablant sur « une inflation à 3 % sur l’année 2026, à 2,3 % en 2027 et 2 % en 2028 ». Les chiffres d’Eurostat, publiés la veille, pointent au contraire un reflux du sous-jacent à 2,4 %.

La hausse du 11 juin avait porté le taux de la facilité de dépôt à 2,25 % et le taux de refinancement principal à 2,40 %, un premier tour de vis après près de deux ans de statu quo. La BCE avait alors invoqué une inflation revenue à son plus haut niveau depuis septembre 2023, à 3,2 % en mai, et des « pressions » sur les prix nourries par la guerre au Moyen-Orient.

La BCE refuse de s’engager sur une trajectoire

La présidente de la BCE a maintenu que l’institution refusait de s’engager sur une trajectoire prédéfinie. « Nous décidons à chaque réunion en fonction de notre évaluation des perspectives d’inflation et des risques entourant ces perspectives », a-t-elle déclaré aux Échos, écartant l’idée d’un cycle de hausses automatique.

Les marchés anticipent désormais un statu quo le 23 juillet. La suite reste ouverte au-delà de l’été. « Une hausse en juin, puis éventuellement une autre en septembre, selon la trajectoire des prix », résumait avant la publication Menno Middeldorp, responsable de la recherche chez Rabo Research, cité par France Épargne. La probabilité d’un nouveau tour de vis en septembre était estimée à environ 50 % par les analystes.

L’énergie, principal aléa

Le principal aléa reste énergétique. La BCE a lié la trajectoire des prix à l’évolution du conflit au Moyen-Orient. « La pleine incidence du conflit sur l’inflation et la croissance à moyen terme dépendra de l’intensité et de la durée du choc énergétique », prévenait l’institution dans son communiqué de juin. Un nouveau renchérissement des cours pétroliers rebattrait les cartes.

Le détail complet des indices harmonisés de prix à la consommation pour la zone euro doit être publié par Eurostat le 17 juillet, six jours avant la décision du Conseil des gouverneurs.

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