La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) a chiffré à 50,1 milliards d’euros le chiffre d’affaires du commerce en ligne français au premier trimestre 2026, en hausse de 4,7 % sur un an, une croissance préservée mais ralentie dans un environnement économique et géopolitique jugé incertain.
Ce bilan trimestriel, adossé à un panel de plus de 150 000 sites marchands actifs, confirme que les ventes en ligne résistent, mais il révèle surtout un basculement de fond. La croissance repose désormais moins sur la valeur des paniers que sur la multiplication des achats, un signal que la Fevad relie directement à la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Une croissance qui décélère nettement
Avec 4,7 % de progression, le e-commerce reste orienté à la hausse, mais le rythme se tasse fortement par rapport au premier trimestre 2025, qui avait affiché 8,3 %, selon la Fevad. La croissance a donc quasiment été divisée par deux en un an.
Le ralentissement provient surtout des services, en hausse de 5 %, freinés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui ont pesé sur le voyage, le tourisme et les transports, précise la fédération. Les ventes de produits progressent pour leur part de 4 %, à 18,6 milliards d’euros sur le trimestre. Les grands sites du panel iCE100 font mieux que la moyenne, à 5,4 %.
Le nombre de transactions tire le marché
Le contraste est net entre chiffre d’affaires et volume. Le nombre de transactions progresse de 7 % pour les produits et de 13 % pour les services, soit un rythme supérieur à celui des ventes en valeur. Cet écart traduit, selon la Fevad, une consommation plus fractionnée et une pression persistante sur le panier moyen.
Le panier moyen s’établissait à 62 euros en 2025, en recul de 3 % sur un an, un plancher que la fédération relie à la vigilance des acheteurs face aux prix. Autrement dit, les Français achètent plus souvent en ligne, mais dépensent moins à chaque commande.
Des secteurs à deux vitesses
- Le meuble et la décoration restent atones, à 1,3 %.
- L’habillement progresse à peine, à 1,5 %.
- L’équipement de la maison, les loisirs et l’alimentation continuent de porter le panel.
- La beauté évolue proche de l’équilibre.
Un marché mature qui bascule vers l’IA
Ce trimestre s’inscrit dans un marché arrivé à maturité. Lors de la Grande Assemblée de la Fevad, le 1er juillet, le délégué général Marc Lolivier a résumé la trajectoire du secteur. « L’e-commerce est aujourd’hui bien plus qu’un secteur, c’est un mode de consommation durablement ancré dans le quotidien des Français, qui continue de se réinventer au rythme des innovations », a-t-il déclaré.
Il a aussi désigné la nouvelle ligne de front. « Le fait marquant de cette année est sans doute ailleurs, l’intelligence artificielle transforme déjà profondément notre secteur », a-t-il ajouté. Pour Thomas Métivier, directeur général de Cdiscount, les repères habituels s’effacent. « La vision très linéaire des parcours d’achat est terminée. Ils deviennent beaucoup plus horizontaux », a-t-il estimé, jugeant que « la data devient la nouvelle vitrine des commerçants à surveiller au quotidien ».
Une équité de marché toujours en débat
La Fevad a réaffirmé sa vigilance face à la concurrence des plateformes extra-européennes. « On ne lâche pas sur le combat de la concurrence déloyale. C’est une question d’équité, de sécurité et de souveraineté économique de notre pays », a insisté Marc Lolivier. Le prochain point d’étape interviendra avec la publication du bilan du deuxième trimestre 2026, attendu à la rentrée, qui dira si la décélération observée en début d’année se prolonge sur le cœur de la période estivale.
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Voir toutes les publicationsYeva Lambert s’intéresse à l’actualité du e-commerce, des marketplaces et du retail, avec une attention particulière portée aux usages et aux stratégies des acteurs du secteur.




