Les allocations chômage n’ont pas été revalorisées au 1er juillet 2026, une première depuis dix ans, après un vote à égalité au conseil d’administration de l’Unédic le 30 juin. Les organisations patronales ont refusé la hausse de 2,41 % proposée par les syndicats, invoquant la situation financière du régime.
Le blocage prive d’un coup de pouce environ 2,7 millions de demandeurs d’emploi indemnisés, à un moment où l’Insee anticipe une remontée du taux de chômage. La décision cristallise l’affrontement entre partenaires sociaux sur la répartition de l’effort, alors que le régime d’assurance chômage bascule de nouveau dans le déficit.
Un vote à 25 voix contre 25 qui fige les allocations
Réuni le 30 juin, le conseil d’administration de l’Unédic n’a pas dégagé de majorité sur la revalorisation annuelle, le scrutin s’étant soldé par une égalité de 25 voix contre 25 selon les comptes rendus des partenaires sociaux. En l’absence d’accord, les allocations restent gelées, ce qui n’était pas arrivé depuis 2016.
Les cinq organisations syndicales avaient présenté une proposition commune de 2,41 %, un chiffre calé sur l’inflation constatée sur douze mois à fin mai et sur la revalorisation du Smic. Face à elles, le Medef, la CPME et l’U2P ont voté contre, bloquant la mesure.
Le patronat invoque la dette du régime
Les organisations patronales justifient leur refus par la dégradation des comptes de l’assurance chômage. Le Medef a mis en avant « une trajectoire de 62 milliards d’euros fin 2026 qui risque de s’accentuer avec la dégradation du marché de l’emploi », pointant l’endettement cumulé du régime.
Après un retour à l’équilibre en 2025, l’Unédic table de nouveau sur un déficit, estimé autour de 2,1 milliards d’euros pour 2026. La dette du régime, proche de 59 milliards d’euros fin 2025, dépasserait 61 milliards fin 2026 selon ses prévisions. Ce contexte financier a servi d’argument central au patronat pour refuser toute hausse indexée sur les prix.
Les syndicats dénoncent une perte de pouvoir d’achat
Du côté des organisations de salariés, la décision est vécue comme une double peine pour les chômeurs. Dans un communiqué daté du 30 juin, la CGT a fustigé « une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour des millions de demandeurs d’emploi » et rappelé que « les allocations d’assurance chômage constituent un revenu de remplacement indispensable ».
La CFDT a de son côté qualifié la décision d’« inacceptable » et dénoncé « ce choix dogmatique au regard de la situation économique actuelle ». Les syndicats réclament que « l’absence d’accord ne conduise plus automatiquement au gel des allocations », afin d’éviter qu’un désaccord fige mécaniquement les montants.
Qui est concerné
- Environ 2,7 millions de demandeurs d’emploi indemnisés seraient touchés par l’absence de revalorisation.
- Plus de la moitié d’entre eux percevraient moins de 1 000 euros nets par mois, selon les organisations syndicales.
- L’allocation minimale d’aide au retour à l’emploi resterait fixée à 32,13 euros par jour.
Un gel qui s’ajoute à un marché du travail en repli
Le blocage intervient alors que les signaux de l’emploi se dégradent. L’Insee prévoit une remontée du taux de chômage à 8,4 % d’ici la fin de l’année 2026, après 8,1 % au premier trimestre, sur fond de recrutements plus rares et de recul de l’emploi privé.
La revalorisation précédente, au 1er juillet 2025, n’avait été que de 0,50 %, déjà inférieure à l’inflation de l’époque et jugée insuffisante par les syndicats. Le prochain rendez-vous social porterait sur la convention d’assurance chômage, dont les règles devront de nouveau être négociées entre les partenaires sociaux.
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