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Pièces de cryptomonnaie posées, dont des jetons stables adossés au dollar

La Bolivie étudie l’intégration de l’USDT de Tether dans son système de paiement national

Le gouvernement bolivien examine l’intégration de l’USDT, le stablecoin de Tether, dans son système de paiement national, a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances publiques, José Gabriel Espinoza, lors d’une conférence de presse à mi-juillet 2026. Le pays travaille à un cadre réglementaire couvrant banques, portefeuilles numériques et prestataires de paiement.

Si le projet aboutissait, la Bolivie deviendrait l’un des premiers États d’Amérique latine à reconnaître formellement un stablecoin adossé au dollar au sein de son infrastructure de paiement officielle. La démarche marque un revirement pour un gouvernement longtemps hostile aux cryptomonnaies, désormais rattrapé par une pénurie persistante de devises. Le dossier reste toutefois à l’état d’évaluation technique, sans règle d’application publiée ni statut de cours légal accordé à l’USDT.

Un cadre réglementaire encore à l’étude

« Nous travaillons et évaluons techniquement la possibilité d’inclure l’USDT dans le système de paiement bolivien, pour qu’il circule comme une monnaie de plus, comme le dollar, comme le boliviano », a déclaré José Gabriel Espinoza, cité par Unchained et CoinDesk. Le ministre a précisé que tout progrès exigerait « un cadre réglementaire robuste et de solides garde-fous contre le blanchiment d’argent ».

Cette prudence s’explique par la situation du pays au regard des standards internationaux. La Bolivie figure sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) depuis 2025, ce qui impose un renforcement des contrôles anti-blanchiment avant tout déploiement. Selon CoinDesk, les autorités n’ont fixé aucun calendrier pour l’achèvement de cette évaluation.

Une adoption crypto en forte hausse

Le projet s’inscrit dans une progression rapide des usages depuis que la banque centrale a levé son interdiction des cryptomonnaies en juin 2024. Le volume de transactions a atteint environ 430 millions de dollars sur l’année suivant cette levée, en hausse de 630 %, rapporte CoinDesk. Sur le premier semestre, le volume est passé de 46,5 millions de dollars en 2024 à 294 millions un an plus tard.

Les canaux bancaires accompagnent déjà ce mouvement. La banque publique Banco Unión et son portefeuille Yasta ont commencé, en avril 2026, à permettre l’achat d’USDT via EFY Finance, à destination des paiements internationaux et des transferts de fonds. L’intégration envisagée par le ministère élargirait cet usage au-delà des seules opérations transfrontalières.

La pénurie de dollars comme moteur

Le contexte macroéconomique pèse lourd dans la décision. La flambée de l’adoption fait suite à l’abandon par la Bolivie de sa parité fixe avec le dollar, en vigueur depuis quinze ans, au profit d’un régime de change flottant plus tôt en 2026. Ce basculement a nourri la demande d’alternatives dans un pays où les billets verts se font rares, l’USDT servant de substitut pour préserver du pouvoir d’achat en devise forte.

Espinoza décrit une monnaie qui circulerait « comme une monnaie de plus », aux côtés du boliviano et du dollar, sans se substituer à eux. La formule reste au conditionnel tant que le cadre juridique n’est pas arrêté, l’USDT ne bénéficiant à ce stade d’aucune reconnaissance de cours légal.

Des garanties attendues avant tout déploiement

La faisabilité du projet dépendra de la capacité de La Paz à répondre aux exigences du GAFI. Les autorités n’ont, pour l’heure, ni publié de règles d’application ni précisé le rôle exact des banques, portefeuilles et prestataires de paiement dans le dispositif envisagé. Ni Tether ni la banque centrale bolivienne ne se sont exprimés publiquement sur la proposition, selon Unchained.

Le calendrier reste suspendu à l’aboutissement de l’évaluation technique en cours. Faute d’échéance annoncée, la circulation formelle de l’USDT dans le système de paiement bolivien demeure une hypothèse de travail, conditionnée à l’adoption d’un cadre réglementaire que le ministère dit encore construire.

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