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Vitrine d'une boutique de vêtements de seconde main

Vinted détrône Amazon au sommet des applis d’achat aux États-Unis

La plateforme lituanienne de seconde main Vinted est devenue en juin 2026 l’application d’achat la plus téléchargée aux États-Unis, devançant Amazon, Walmart, Shein et Temu, six mois seulement après son lancement officiel outre-Atlantique, selon le groupe et la banque Crédit Mutuel (CMCM).

Cette percée illustre le pari américain d’un acteur né en Europe, où la revente de vêtements entre particuliers est déjà un réflexe de consommation. Pour Vinted, conquérir le premier marché de détail mondial suppose d’imposer un modèle sans commission vendeur face à des géants installés, dans un contexte où la seconde main gagne du terrain aux dépens de la mode neuve à bas coût.

Une accélération éclair sur le marché américain

Vinted a fait son entrée officielle aux États-Unis en janvier 2026, sa première destination hors d’Europe, après un test à New York fin 2025. L’adoption a été rapide. Entre janvier et avril 2026, l’application aurait enregistré 2,6 millions de téléchargements sur le sol américain, contre 286 000 un an plus tôt sur la même période, selon les données relayées par CMCM.

Dès avril, la plateforme aurait dépassé les spécialistes historiques de la revente en ligne que sont Depop, eBay et Etsy. Le franchissement de la première place du classement des applications d’achat, en juin, la place devant des enseignes généralistes aux moyens sans commune mesure. Le groupe a indiqué vouloir investir « des dizaines de millions de dollars » dans les prochains mois pour soutenir cette expansion, en renforçant sa notoriété, ses capacités logistiques et sa plateforme.

L’argument du portefeuille plutôt que celui de l’écologie

Pour séduire les consommateurs américains, Vinted a choisi de ne pas mettre en avant l’argument environnemental, jugé clivant outre-Atlantique. « C’est un effet secondaire appréciable, en économisant de l’argent et en faisant de bonnes affaires, vous faites aussi un peu moins de mal à la planète », a déclaré le directeur général Thomas Plantenga dans un entretien au Wall Street Journal, plaçant l’économie réalisée au cœur de la promesse commerciale.

Ce positionnement s’appuie sur un différentiel de prix marqué. En 2025, le prix moyen d’un article vendu sur la plateforme aurait été inférieur de 72 % à celui du neuf, et les membres auraient épargné 21,6 milliards d’euros par rapport aux tarifs de la mode neuve, selon les chiffres publiés par le groupe.

Une croissance qui pèse sur la rentabilité

La conquête américaine intervient après un exercice 2025 de forte expansion. Le chiffre d’affaires de Vinted a progressé de 38 % pour atteindre 1,1 milliard d’euros, tandis que le volume d’affaires a bondi de 47 %, à 10,8 milliards d’euros, rapportent Boursorama et FashionNetwork à partir des comptes du groupe.

Le bénéfice net, lui, s’est replié de 19 %, à 62 millions d’euros. Ce recul serait assumé, la société ayant réinvesti massivement dans le développement du marché allemand, l’élargissement des catégories de sa marketplace, l’extension de son service de livraison Vinted Go au Portugal et en Espagne, ainsi que le lancement de son portefeuille de paiement Vinted Pay. À ces dépenses s’ajoute désormais l’effort commercial américain.

Une valorisation qui grimpe et une introduction en Bourse en ligne de mire

Cette dynamique a nourri l’appétit des investisseurs. En juin 2026, une opération financière aurait valorisé Vinted autour de 9 milliards de dollars, soit une nette hausse par rapport aux 8 milliards d’euros évoqués lors d’une précédente transaction, selon CNBC. Interrogé sur ses intentions, Thomas Plantenga a évoqué une possible introduction en Bourse, sans calendrier arrêté.

Le succès américain reste toutefois à consolider. Un pic de téléchargements ne garantit pas la fidélité des vendeurs ni la liquidité du catalogue, deux conditions structurelles pour qu’une place de marché de seconde main s’installe durablement. Les prochains trimestres diront si Vinted parvient à transformer sa notoriété naissante en usage récurrent sur un marché où Amazon, eBay et les friperies physiques restent solidement ancrés.

Auteur/autrice

  • Yeva Lambert s’intéresse à l’actualité du e-commerce, des marketplaces et du retail, avec une attention particulière portée aux usages et aux stratégies des acteurs du secteur.

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