L’effroyable vérité sur le fait d’être une femme noire fondatrice au Canada

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Sur les milliers de contrats de capital-risque canadiens produits de 2014 à 2019, si peu de fondatrices noires ont levé des fonds que ces chiffres sont très proches de rien.

Le financement soutenu par le capital-risque a doublé depuis 2014, passant de 2 à 3,3 milliards de dollars, 2017 nous a montré que 40 % de tout le capital-risque est allé à seulement 10 entreprises. Vingt-neuf a été une année record pour le secteur du capital-risque, avec un montant stupéfiant de 6,2 milliards de dollars canadiens investis sur 539 transactions, soit une augmentation de 69 % par rapport aux 3,7 milliards de dollars canadiens investis en 2018 et plus de trois fois l’analyse du marché en 2013. Le quatrième trimestre de 2019 a vu le plus grand nombre d’opérations financées par le capital-risque, avec 144 opérations au total et plus de 1,6 milliard de dollars investis.

Dans le domaine des technologies, les investisseurs ne soutiennent pas les jeunes pousses dirigées par des femmes noires.

Par rapport aux chiffres de nos homologues du sud de la frontière, qui sont encore très bas, en 2018, 11 Afro-Américaines ont levé un million de dollars de fonds de capital-risque, ce qui représente environ 0,2 % de l’ensemble des fonds de capital-risque en 2018.

Parmi les rares qui ont collecté des fonds, le montant moyen est de 36 000 dollars. C’est à comparer à la moyenne des start-up, généralement fondées par un homme blanc, qui échouent généralement, et qui récoltent en moyenne des millions de dollars en financement de capital-risque. Alors que le Canada se classe au troisième rang mondial (après les États-Unis et la Chine) pour ce qui est du montant de capital-risque investi chaque année, il se classe au treizième rang pour la création de licornes d’entreprise, ce qui, par définition, correspond à la création d’une entreprise exceptionnelle pour chaque tranche de 100 millions de dollars investis.

L’un des défis que doit relever la société canadienne de capital-risque est de prendre des décisions quant à ce dans quoi elle est prête à investir. Afin de prendre les meilleures décisions, les investisseurs et les sociétés de capital-risque (et tous les autres d’ailleurs) ont besoin de données précises qui leur permettent de prévoir les meilleurs investissements futurs. Comme les sociétés de capital-risque cherchent à investir efficacement, elles donnent la priorité aux entreprises qui, selon elles, ont le potentiel pour devenir les prochaines entreprises d’un milliard de dollars.

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Pour les fondateurs issus de minorités, en particulier les femmes noires canadiennes, leurs entreprises sont jugées non investissables en raison d’une foule d’idées préconçues. Pour parler franchement, le secteur de l’investissement est historiquement raciste et misogyne.

Bien que les femmes noires aux États-Unis constituent aujourd’hui le groupe d’entrepreneurs qui connaît la plus forte croissance, avec plus de 1,5 million d’entreprises – une augmentation de 322 % depuis 1997, générant plus de 44 milliards de dollars de revenus par an – dans le domaine des technologies, les investisseurs ne soutiennent pas les start-ups dirigées par des femmes noires.

Malgré l’important déficit de financement, les femmes de couleur, en particulier les femmes noires et les femmes appartenant à des minorités, continuent de plonger dans l’entrepreneuriat, représentant 89 % des nouvelles entreprises créées chaque jour. Nous avons un groupe similaire d’entreprises prometteuses, dirigé par des fondateurs noirs ici au Canada, et il est temps pour les investisseurs de mieux comprendre les nuances de ces fondateurs uniques qui offrent à leurs entreprises un potentiel de croissance massif.

En 2018, le gouvernement du Canada a tenté de combler le déficit de financement auquel sont confrontées diverses femmes fondatrices en allouant une série de subventions à trois cents entreprises appartenant à des femmes dans tout le Canada. Une étude de marché réalisée par Pitch Better, notre société de conseil indépendante, a permis de déterminer que deux des plus de trois cents entreprises qui ont réussi à obtenir un financement étaient dirigées par des femmes noires. Cela confirme la théorie selon laquelle, même si le gouvernement a essayé d' »égaliser » les chances, le financement des femmes noires et cette idée de créer un espace d' »inclusion économique » au sein de nos communautés ont malheureusement raté leur cible.

Les femmes noires travaillent intelligemment, apprennent les ficelles du métier et surpassent leurs concurrentes dans presque tous les secteurs.

Je suis la co-fondatrice de la start-up technologique Pitch Better, une société d’études de marché dont la mission est de fournir aux femmes entrepreneurs les outils éducatifs nécessaires pour développer et construire des entreprises basées sur la croissance. Depuis septembre 2019, nous avons consulté plus de 250 fondatrices noires à travers le Canada et avons déjà commencé, grâce à ce travail, à identifier les lacunes qui empêchent les fondatrices de couleur d’obtenir des capitaux d’investissement pour faire évoluer leurs entreprises.

Des fondateurs qui possèdent des lignes de soins de la peau, aux cabinets d’avocats, aux sociétés de messagerie à la pointe de la technologie, et aux entreprises innovantes qui conçoivent des solutions biomédicales aux problèmes de santé, le potentiel du paysage des petites entreprises pour les fondatrices noires est vaste.

Parmi les types d’entrepreneurs que nous avons vus, il y a une constante : les femmes noires travaillent intelligemment, apprennent les ficelles du métier et surpassent leurs concurrentes dans presque tous les secteurs. Elles constituent une catégorie de fondatrices très investissables et il est temps que le monde les rattrape.

Au début de l’année 2020, notre entreprise a développé le projet de recherche « FoundHers », sous le mentorat de Sandpiper Ventures, afin de pouvoir mener une étude de recherche formalisée examinant les résultats des investissements des femmes noires fondatrices à travers le Canada. Nous savons qu’en théorie, il y a quelque chose qui cloche avec les opportunités d’investissement offertes à ces entreprises. Toutefois, il n’existe pratiquement aucune preuve empirique recueillie au Canada, notamment pour le prouver.

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Notre objectif final est de produire un rapport similaire à celui du projet #She’sNext By Visa. Doté d’une équipe de chercheuses expertes en MBA et en doctorat, le produit final de ce rapport sera une liste complète identifiant les entreprises canadiennes à forte croissance et à vocation technologique dirigées par des femmes noires.
Outre les conclusions de cette recherche, il existe plusieurs façons de modifier la trajectoire des fondateurs de minorités au Canada, en particulier des femmes noires, pour qu’elle soit plus inclusive. Le gouvernement fédéral et la communauté des investisseurs peuvent tous deux faire preuve d’une véritable alliance.

Tout d’abord, le gouvernement canadien doit donner la priorité à la collecte de données basées sur la race concernant les résultats en matière de santé, de richesse et de bien-être général de tous les Canadiens. Le simple fait de distinguer les groupes non caucasiens comme étant « divers » n’est plus utile ou utile pour les communautés d’investissement et pour la société en général. Les fondateurs noirs ont un ensemble différent de défis et de circonstances socio-économiques, mais parviennent d’une manière ou d’une autre à les surmonter et à réussir. En tant que citoyens canadiens, nous devons savoir qui ils sont et les données sont la seule façon de les voir.

Deuxièmement, un plus grand nombre de sociétés de capital-investissement et de sociétés privées de capital-risque doivent adapter leur direction pour mieux refléter les diverses communautés du Canada. Une entreprise inclusive a un avantage concurrentiel pour rivaliser sur la scène mondiale lorsque son équipe de direction reflète la nature dynamique d’une société multiculturelle.

Troisièmement, bien qu’il s’agisse d’un groupe très restreint et parfois obscur, les sociétés de capital-risque et les investisseurs canadiens doivent être plus intersectoriels dans leurs pratiques d’investissement et se présenter aux fondateurs minoritaires qui créent des entreprises de croissance prometteuses et résistantes. Si l’on prend l’exemple de la marque Shea Moisture, détenue par Sundial, qui s’est récemment engagée à investir dans un fonds d’aide COVID-19 d’un million de dollars pour les entreprises dirigées par des femmes noires, on constate que les investisseurs noirs américains qui en ont les moyens soutiennent de plus en plus les fondatrices.

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Enfin, les femmes noires font et ont fait le travail nécessaire pour créer des entreprises solides et compétitives, contribuant ainsi à nos économies par milliards. Shontay Lundy, la fondatrice de Black Girl Sunscreen, une ligne de soins pour les femmes noires et la seule marque indépendante distribuée dans 200 magasins Target, vient de collecter un million de dollars auprès d’un fonds privé pour les femmes, ce qui représente une valeur marchande de 5 millions de dollars.

Les dernières semaines nous ont montré que le racisme et les pratiques discriminatoires anti-noirs systémiques sont bien vivants au Canada et aux États-Unis. Les entreprises du Fortune 1000 et les grandes institutions se sont unies pour faire preuve d’une alliance et d’un engagement inclusifs envers des causes qui ont de graves répercussions sur les résultats de la communauté noire. En dehors de la nouveauté et du caractère symbolique des manifestations de #GeorgeFloyd, il serait monumental d’assister à un changement de la culture d’investissement à grande échelle. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais les choses peuvent changer progressivement, individu par individu. Et si vous lisez ceci, cela peut commencer par vous.

Contribuez à notre projet de recherche ici et aidez-nous à construire les données qui permettront aux futures et actuelles fondatrices noires au Canada de s’épanouir.

Source de l’image Unsplash



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