Shenzhen, la rivale socialiste du centre financier mondial de Hong Kong

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Juste en face du front de mer de l’île de Hong Kong se dresse la muraille des imposants gratte-ciel de Shenzhen. En moins de 40 ans, le régime socialiste a transformé cet ancien bourg de la Chine continentale pour en faire son emblème.

Ce centre d’affaires propose un climat plus favorable aux entrepreneurs étrangers par rapport au reste de l’Empire du Milieu. Il concentre les ressources nécessaires aux développements technologiques, comme l’intelligence artificielle dans lequel la Chine prévoit d’investir pas moins de 22 milliards de dollars. Véritable centre d’innovations, Shenzhen est une destination phare pour les savants du monde entier et a permis le lancement de nombreuses start-ups.

Shenzhen, future Silicon Valley asiatique

En 2018, la chiffre d’affaires de Shenzhen a atteint 326 milliards €, alors que celui de Hong Kong était de 323 milliards €. C’est à quelques pas de la région à administration spéciale et de ses manifestations pro-démocratiques que la Chine expose fièrement le spectacle de la réussite de son régime socialiste.

Shenzhen et sa croissance phénoménale

Malgré que Shenzhen fasse partie intégrante de la République Populaire de Chine, elle propose des opportunités spéciales aux investisseurs chinois, mais également étrangers. Ces derniers y sont incités à mettre en œuvre l’innovation, et y disposent pour cela des moyens nécessaires.

Ainsi, du développement à la fabrication, en passant par la conception, tout peut y être réalisé et surtout plus rapidement. Les gratte-ciel fourmillent d’ingénieurs et d’entrepreneurs qui sont venus y profiter de ressources presque illimitées. Les projets peuvent ainsi y voir le jour en quatre fois moins de temps qu’il l’est nécessaire en France.

Ce climat a notamment permis à cet ancien bourg de pêcheurs de dépasser largement le centre financier hongkongais en termes de croissance, soit 7,6% contre 3% dans l’ancienne colonie britannique. La force de la localité se base notamment dans ses choix d’investissement basés sur les technologies d’avenir, au contraire de Hong Kong qui se limite toujours aux secteurs financiers et commerciaux.

Les talents du monde entier migrent vers Shenzhen

Même des entrepreneurs américains et français ont choisi de s’installer à Shenzhen pour développer leurs projets technologiques. C’est par exemple le cas de Hugo Garcia-Cotte, qui a déménagé son entreprise californienne vers la Chine. Ce jeune entrepreneur français de 27 ans travaille actuellement sur une nouvelle technologie qui va permettre d’identifier les contrefaçons de médicaments.

De nombreuses brillantes idées sont également en cours de développement dans les bureaux de Hax. Ce dernier se propose de financer les start-ups et de mettre tous les équipements nécessaires à leurs recherches scientifiques, de la conception de leurs maquettes ou prototypes à la mise en place d’une stratégie de fabrication en série à leurs dispositions. Ainsi, les projets high-tech y bénéficient d’un écosystème unique, grâce à la proximité entre les laboratoires de R&D (recherche et développement) et les usines.

Cela permet, entre autre, à cette localité chinoise de fournir à l’ensemble de la planète 90% de ses besoins en équipements informatiques et gadgets électroniques. La plupart des jeunes entreprises qui n’ont pas les moyens financiers nécessaires à la conception ou à la distribution de leurs produits se tournent vers les firmes incubatrices de Shenzhen. En contrepartie des ressources qu’elles allouent aux start-ups, elles peuvent profiter des brevets pendant quelques années.

Shenzhen, emblème technologique du socialisme chinois

Bénéficiant d’un large support financier et administratif octroyé par la République Populaire de Chine, Shenzhen bénéficie de la présence de nombreuses grandes entreprises, comme Airbus, Huawei, ZTE, Tencent et DJI. Ces géants y profitent en effet d’une douce fiscalité et y prospèrent grâce à un climat d’affaires qui privilégie également les investissements privés. Ainsi, la moitié des financements mondiaux en matière de développement technologiques, notamment en intelligence artificielle, se retrouvent orientés vers cette ville chinoise.

Le socialisme chinois dans toute sa splendeur à Shenzhen

Dans le seul secteur de l’intelligence artificielle, Shenzhen profitera d’un budget de 22 millions de dollars. La facilité des affaires dans cette ville régie par le socialisme chinois est néanmoins assujettie à des règlements stricts qui sont appliqués pour dans les mesures de contrôle social à titre individuel. Ces dernières sont notamment constatables au sein du nouveau quartier de Futian où culminent des gratte-ciel étincelants.

Au niveau des infrastructures routières, l’ordre est maintenu par des systèmes de surveillance qui détectent les voitures ne respectant pas les feux de signalisation et les personnes qui traversent hors des passages piétons. Des écrans géants qui diffusent les messages du régime socialiste chinois, affichent également les visages des individus qui ont réalisé ces infractions. Les caméras sont équipées d’une technologie de reconnaissance faciale, permettant d’afficher également les noms de famille ainsi que les numéros d’identification nationale.

A la réussite de la localité est ainsi également promue la politique du régime du pays. Les contrevenants se voient réduire leurs notes sociales, lesquelles sont assimilées à des permis de points. Ces derniers influent surtout sur la facilité des démarches administratives, sur lesquelles les investisseurs s’appuient pour le lancement de leurs projets et la bonne marche de leurs affaires. Néanmoins, la localité ne bénéficie ni de l’Etat de droit, ni de l’ouverture à internet qui font la singularité des Hongkongais. Ces derniers subissent des fouilles approfondies lorsqu’ils traversent la frontière entre les deux villes.

Ces dernières sont économiquement interdépendantes, et le régime prévoit de les lier avec de grandes infrastructures avec Macao, Canton et Zhuhai. En 2035, l’émergence d’une région dont la compétitivité sera supérieure à celle de la Silicon Valley y est programmée par la Chine.

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