Rapport : Les start-ups pourraient alimenter la reprise de l'économie canadienne


Les pertes d’emplois dans le secteur technologique pourraient nuire considérablement à la productivité dans tout le Canada, selon un nouveau rapport commandé par le Conseil de l’économie de l’innovation (CEI), une organisation indépendante représentant les intérêts de l’écosystème de l’innovation.

« Sans une saine [tech] tout ce que le secteur a fourni au cours de la dernière décennie sera menacé ».

La CEI a été fondée par le MaRS Discovery District, les Centres d’excellence de l’Ontario, Communitech, DMZ, CCRM et Invest Ottawa. L’étude du groupe a examiné l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les entreprises technologiques canadiennes en démarrage et la manière dont ces entreprises pourraient stimuler la reprise économique.

Le rapport a constaté que les entreprises d’innovation créent une part disproportionnée de nouveaux emplois et croissent à un rythme beaucoup plus rapide que l’économie dans son ensemble. Il note qu’une baisse de 25 % de l’emploi dans le secteur des jeunes pousses technologiques ferait disparaître 274 000 emplois dans tout le pays.

« Sans un secteur technologique sain, tout ce que le secteur a fourni au cours de la dernière décennie sera en danger », indique le rapport. « Si le Canada ne peut pas encourager la prochaine génération, les entreprises et les gouvernements canadiens se retrouveront inévitablement à chercher à l’extérieur du pays pour acheter ce dont ils ont besoin à l’étranger ».

L’innovation alimentée par les startups

La CEI a déclaré que les entreprises technologiques créent une part disproportionnée de nouveaux emplois au Canada, y compris des postes bien rémunérés dans le domaine des STIM. Le rapport a noté que la grande majorité des entreprises clientes des centres d’innovation font partie de grappes industrielles qui représentent près de 12 % du PIB du Canada et près de 2 millions d’emplois.

La modélisation de la CEI a déterminé que les industries de pointe créent des emplois et croissent à un rythme beaucoup plus rapide que l’économie dans son ensemble. L’emploi dans l’édition de logiciels, par exemple, a augmenté près de six fois plus vite en Ontario depuis la récession de 2008 que la création globale d’emplois dans le secteur privé, et quatre fois plus vite à l’échelle nationale, selon le rapport.

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Selon le rapport, le PIB de l’industrie du logiciel a également augmenté six fois plus vite que l’économie globale de l’Ontario. Les entreprises de conception de systèmes informatiques ont ajouté près de 90 000 emplois depuis 2009, soit trois fois plus que l’ensemble des industries de fabrication de véhicules et de pièces automobiles.

« L’incertitude causée par COVID-19 menace non seulement d’arrêter, mais aussi d’inverser ces progrès », selon le rapport. « Cela, à son tour, rendrait le pays tout entier moins productif ».

En raison de la pandémie, 90 % des entrepreneurs canadiens continuent de ressentir l’impact de COVID-19, selon un rapport de la Banque de développement du Canada (BDC). Ces difficultés ont conduit de nombreuses start-ups à réduire leurs coûts, à licencier du personnel et à mettre un terme à leurs priorités en matière d’innovation.

Les start-ups peuvent aider les industries traditionnelles à se redresser

Le rapport de la CEI a également souligné que les startups jouent un rôle important dans les industries traditionnelles et peuvent pivoter rapidement pour soutenir leurs clients et aider l’économie à rebondir, ce qui est « essentiel » alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales traversent la perturbation.

Selon le rapport, les entreprises de conception de systèmes informatiques ont créé trois fois plus d’emplois que l’ensemble de l’industrie automobile.

Le rapport mentionne spécifiquement des startups comme Deep Genomics, Daisy Intelligence, Cyclica et Dialogue qui aident les entreprises traditionnelles ou qui jouent un rôle pivot dans la lutte contre la pandémie.

« Les entreprises technologiques qui fournissent ces outils sont déjà profondément enracinées dans toutes les facettes de l’économie canadienne », indique le rapport.

« Nos chaînes d’approvisionnement, nos fabricants en flux tendus, notre secteur de la vente au détail et notre secteur de l’énergie sont déjà fortement dépendants d’entreprises technologiques innovantes, essentielles et habilitantes », a-t-il ajouté.

Les résultats de ce livre blanc ont été basés sur la modélisation de la CEI et ont été utilisés pour créer des recommandations aux gouvernements fédéral et provinciaux afin qu’ils prennent des mesures supplémentaires pour mettre en œuvre des « mesures de stimulation du secteur technologique ».

La CEI a déclaré que ces mesures permettraient de construire « l’infrastructure physique et numérique qui servira de base à l’économie canadienne au cours des prochaines décennies et qui encouragera l’adoption de technologies dans nos industries les plus fortes ».

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« En plus de s’assurer que nous disposons des canaux nécessaires pour mettre nos produits sur le marché, nos entreprises doivent être leaders sur le marché numérique mondial », a ajouté l’organisation.

Les centres d’innovation comme MaRS et Communitech ont fait activement campagne pour un soutien accru au système technologique canadien pendant la crise actuelle. En mars, MaRS s’est joint à Communitech et Invest Ottawa pour écrire une lettre au premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et à d’autres ministères, demandant que des mesures ciblées soient prises pour soutenir le secteur technologique local.

« Nous devons avoir un plan d’action cohérent qui s’appuie sur des données et des informations factuelles, reflétant la voix de nos entrepreneurs, afin de prendre des décisions politiques intelligentes qui donnent aux entrepreneurs toutes les chances possibles de créer un avantage économique durable pour notre nation », a déclaré Yung Wu, PDG de MaRS. « Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’innovateurs pour tracer un nouvel avenir audacieux pour le Canada ».

Source de l’image Unsplash.



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