Les prêteurs de FinTech demandent au gouvernement d'étendre les mesures de prêt COVID-19 pour mieux soutenir les petites entreprises


L’Association canadienne des prêteurs, un groupe qui comprend FinTech et des prêteurs alternatifs, demande au gouvernement fédéral d’étendre son plan de relance économique actuel pour y inclure des options de prêts alternatifs.

« Les entreprises de Fintech représentées par la CLA sont dans une position unique pour pouvoir atteindre les personnes qui en ont le plus besoin ».

Une lettre ouverte a été envoyée au Premier ministre Justin Trudeau et à plusieurs ministres, dont le ministre des Finances Bill Morneau, la vice-première ministre Chrystia Freeland et le ministre de l’Industrie Navdeep Bains, mardi. Dans cette lettre, l’Association canadienne des prêteurs (CLA) a souligné la nécessité d’offrir des options de prêt alternatives, en les promouvant comme un moyen de soutenir les petites entreprises non couvertes par le plan de relance actuel.

« Les membres de la CLA soutiennent fermement l’allocation de 10 milliards de dollars en capital du gouvernement du Canada à la BDC/EDC », peut-on lire dans la lettre. « Cependant, des dizaines de milliers de véritables petites entreprises, telles que des restaurants, des magasins de détail et des ateliers de réparation automobile, peuvent ne pas être desservies de manière adéquate ».

« Par conséquent, les Canadiens pourraient être confrontés à la perspective de laisser derrière eux les véritables petites entreprises qui sont les plus touchées par cette crise et qui sont les plus susceptibles d’échouer », peut-on lire dans la lettre ouverte.

La CLA ne demande pas au gouvernement d’ajouter du capital supplémentaire à son programme de prêts, mais plutôt au gouvernement fédéral de tirer parti des plateformes numériques pour s’assurer que son plan de relance atteigne les petites entreprises qui en ont besoin.

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David Gens, directeur de la CLA, a expliqué à BetaKit que ses sociétés membres sont désireuses d’offrir leurs plateformes soit comme un service pour les prêteurs traditionnels, soit comme un moyen de travailler ensemble pour distribuer des capitaux.

Les sociétés membres de la CLA sont notamment Lendified, Goeasy et Lending Loop. Elle fonctionne comme une voix agrégée du secteur des prêts aux PME et aux B2C, en soutenant les prêts innovants au niveau national.

La CLA a mis en avant trois raisons pour lesquelles les petites entreprises ne seront pas suffisamment servies par le plan de prêt actuel de 10 milliards de dollars du gouvernement fédéral, en soulignant que de nombreuses petites entreprises ne répondent pas aux exigences des institutions financières traditionnelles.

L’organisation a averti que les montants des prêts requis par ces entreprises sont généralement relativement faibles, ce qui pourrait les amener à être moins prioritaires pour les sociétés financières chargées de déployer des capitaux. Elle s’est également inquiétée du volume de « demandes de crédit à délai critique » émanant de petites entreprises qui arrivent dans le cadre de COVID-19, notant qu’elles risquent de submerger les institutions financières et les processus de souscription traditionnels.

« Ces entreprises locales sont actuellement largement desservies par le secteur non bancaire des technologies financières (Fintech) », indique la CLA dans sa lettre. « Les entreprises de Fintech représentées par la CLA sont dans une position unique pour pouvoir atteindre les personnes qui en ont le plus besoin grâce aux progrès de l’automatisation et à la rapidité de l’approbation des crédits. Les entreprises Fintech déploient des capitaux, rapidement et efficacement, pour des clients qui sont largement mal desservis par le secteur bancaire traditionnel ».

Les effets économiques de COVID-19 ont déjà été observés dans tout le Canada. Une enquête menée par Lending Loop, membre de la CLA, a révélé qu’une majorité de petites entreprises canadiennes connaissaient déjà une baisse de revenus de plus de 50 %, même au cours de la première semaine de mise en œuvre de l’auto-isolement. Les personnes interrogées ont également exprimé leur inquiétude quant à la nécessité de procéder à des licenciements.

Les PDG canadiens du secteur des technologies ont également exprimé leur inquiétude concernant le programme de prêts de 10 milliards de dollars du gouvernement, en faisant remarquer que les entreprises technologiques en phase de démarrage, en début de revenus et de croissance, n’ont traditionnellement pas droit à de tels programmes.

M. Gens a noté que – conformément au programme du gouvernement – les membres de la CLA se concentreraient davantage sur le financement des entreprises de brique et de mortier, qui, selon lui, ont connu le plus grand succès au sein de COVID-19.

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« Les prêteurs de Fintech sont des points de distribution efficaces pour les capitaux en raison de leur
les bases de données de clients commerciaux et les relations existantes, ainsi que leurs approches automatisées du traitement des demandes, de la souscription et des capacités de dépôt direct », indique la lettre de la CLA.

L’organisation a noté que ses entreprises membres ont mis à disposition plus de 2 milliards de dollars au cours des dernières années, principalement pour les entreprises locales. Elle a également estimé que dans le cadre d’un programme de prêt garanti par le gouvernement, ses membres pourraient rapidement atteindre et fournir des crédits à plus de 100 000 petites entreprises qui ne sont peut-être pas desservies par les institutions financières traditionnelles.

Le CLA s’est dit ouvert à travailler avec le gouvernement, la BDC ou toute autre entité financière, afin de leur permettre de tirer parti des plateformes de ses entreprises membres pour déployer des financements soutenus par le gouvernement. M. Gens a déclaré à BetaKit que la CLA était déjà en pourparlers avec la BDC, qui n’est traditionnellement pas ouverte au financement de prêteurs alternatifs, mais qui a exprimé son ouverture à collaborer compte tenu de la crise financière actuelle. Gens a noté que la CLA a également été en pourparlers avec des ministères fédéraux, dont le ministre Morneau, qui ont exprimé leur volonté de trouver des solutions pour aider les petites entreprises dans le besoin.

L’appel de la CLA au gouvernement est similaire à l’appel de FinTechs aux États-Unis, qui font pression sur leur gouvernement pour permettre aux prêteurs spécialisés dans les technologies de faire partie de tout plan de relance. Le groupe, Financial Innovation Now, est une alliance de leaders technologiques qui proposent des prêts alternatifs, dont Square, Intuit, Stripe, Apple, Amazon et Google. L’organisation canadienne a noté que des programmes similaires sont mis en place entre les gouvernements et les entreprises Fintech dans des pays comme le Royaume-Uni et l’Australie.

« Avec le soutien de la BDC, des banques canadiennes et de la communauté Fintech, le gouvernement du Canada a la meilleure chance de toucher le plus grand nombre d’entreprises et de s’assurer que les entreprises les plus vulnérables de notre économie survivent », a déclaré l’ALC.



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