#Les PDG de CDNtech signent une lettre ouverte appelant à un plus grand soutien du gouvernement lors de COVID-19


Des centaines de PDG d’entreprises canadiennes de premier plan dans le domaine de l’innovation et de la technologie ont signé une lettre ouverte adressée à divers ministères du gouvernement du Canada, appelant à un soutien accru du secteur dans le cadre de COVID-19.

« La pandémie COVID-19 a changé le paysage – et ces mêmes entreprises ont besoin de plus de certitude. »

La lettre, élaborée par le MaRS Discovery District, est adressée au ministre des Finances Bill Morneau, au ministre de l’Industrie Navdeep Bains, et à la ministre de la Petite entreprise, de la Promotion des exportations et du Commerce international Mary Ng. Elle a été signée par les PDG de nombreuses grandes entreprises technologiques canadiennes, notamment Allen Lau de Wattpad, Carol Leaman d’Axonify et Michael Serbinis de League.

Le groupe exhorte les gouvernements à coordonner leur soutien aux entreprises d’innovation canadiennes, en appelant à « des mesures rapides et ciblées visant à maintenir les flux de trésorerie, à accélérer le financement et à stimuler les achats ».

« Les entrepreneurs technologiques du Canada ont fait d’énormes progrès au cours des 15 dernières années grâce au soutien de nombreux niveaux de gouvernement », peut-on lire dans la lettre. « Cela a permis de créer un écosystème technologique dynamique et de premier plan au niveau mondial et de faire du Canada le moteur de la croissance de demain. Mais maintenant, la pandémie COVID-19 a changé le paysage – et ces mêmes entreprises ont besoin de plus de certitude ».

La lettre présente les prévisions des analystes qui affirment que le processus de redressement des entreprises prendra entre 12 et 18 mois. À cette fin, elle appelle à des mesures immédiates et à plus long terme qui aideront les entreprises à passer le cap de l’année prochaine.

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Un certain nombre de mesures d’aide spécifiquement destinées à l’économie canadienne de la technologie et de l’innovation sont décrites dans la lettre, en mettant l’accent sur la nécessité d’un afflux de capitaux de 2 milliards de dollars.

Les recommandations incluent également un soutien supplémentaire des agences fédérales comme la Banque de développement du Canada (BDC) et Exportation et développement Canada (EDC), ainsi que des programmes fédéraux comme le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) et la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE). La lettre propose également des mesures pour retenir les employés et présente des recommandations politiques.

« Nous savons que cette période de perturbations nécessitera des actions courageuses et difficiles, et que les entreprises doivent donner la priorité au bien commun », indique la lettre. « Mais nous pensons également que lorsque les nuages passeront, l’économie de l’innovation sera à nouveau le moteur de la reprise au Canada grâce à la création d’emplois et de richesses. Les coupes à court terme, aussi profondes soient-elles, ne peuvent pas ruiner nos chances d’une reprise rapide ».

Recommandations politiques, 2 milliards de dollars de capitaux

Les PDG de sociétés technologiques canadiennes qui ont signé la lettre recommandent des politiques axées sur le Canada qui verraient le gouvernement se procurer des biens et des services dans le cadre d’initiatives d’innovation et d’économie, notamment des technologies d’entreprise, des projets d’infrastructure et des améliorations du système de santé.

La lettre soutient que le gouvernement devrait mettre en œuvre une stratégie « Acheter canadien », les entreprises recevant des plans de relance pour soutenir l’adoption de l’innovation canadienne.

Cette recommandation intervient alors que le gouvernement fédéral et divers gouvernements provinciaux ont demandé aux entreprises locales de contribuer à la fourniture de biens et de services dans le cadre de la lutte pour COVID-19.

La lettre demande également une injection de 2 milliards de dollars de nouveaux capitaux pour aider à financer les entreprises canadiennes. Il est suggéré que ce capital soit engagé en faveur d’organisations qui déploient déjà des fonds pour le secteur canadien de la technologie et de l’innovation.

« Nous demandons au gouvernement de créer de nouveaux instruments de capitaux propres d’un montant de 2 milliards de dollars qui serviront de pont de capitaux propres, par opposition à un prêt lié aux actifs de l’entreprise ou aux actifs personnels », peut-on lire dans la lettre.

Les PDG suggèrent que l’argent soit placé dans des « fonds de confiance », tels que le Fonds d’accélération des investissements de l’Ontario, le Fonds de croissance des entreprises canadiennes et BDC Capital, soulignant que cela permettrait probablement de débloquer des capitaux de contrepartie dans le secteur privé. La lettre de MaRS ajoute que ce capital devrait être structuré sous la forme de débentures convertibles, avec des conditions favorables qui permettraient de faire le pont avec de futures rondes de financement par actions.

Mesures proposées pour les agences fédérales

« Une action rapide permettra aux entreprises de gagner du temps pour évaluer les trajectoires et faire des choix stratégiques sur la voie à suivre », affirme la lettre. « Il sera essentiel de veiller à ce que les entreprises disposent d’un flux de trésorerie suffisant dans l’immédiat pour soutenir leurs activités ».

Les PDG demandent que des mesures soient prises par le biais des structures existantes, telles que l’Agence du revenu du Canada (ARC), la BDC et EDC.

Bien que le gouvernement fédéral ait déjà annoncé une aide supplémentaire de 10 milliards de dollars en prêts aux entreprises par le biais de la BDC et d’EDC, de subventions aux employés et de stratégies d’assurance-emploi, les dirigeants de la communauté ont fait valoir que ces mesures ne sont pas bénéfiques pour le secteur technologique.

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À l’appui d’une recommandation faite la semaine dernière par le Conseil canadien des innovateurs, la lettre ouverte recommande au gouvernement de mettre rapidement à disposition des prêts à des taux d’intérêt faibles ou nuls avec des paiements différés (par l’intermédiaire de la BDC et d’EDC). Elle souligne également la nécessité d’éliminer les garanties personnelles et les exigences de rentabilité – ce à quoi d’autres se sont opposés – afin d’offrir un meilleur accès aux entreprises.

La lettre ouverte de MaRS demande également à la BDC et à EDC d’accélérer le traitement des demandes des entreprises qui ont déjà fait l’objet d’un contrôle préalable auprès des fournisseurs de services financiers.

Mesures proposées pour les programmes fédéraux

Le 20 mars, le ministre Bains a annoncé que le gouvernement fédéral recentrait les programmes d’innovation tels que le Fonds d’innovation stratégique (FIS), le Conseil national de recherches du Canada et les supergrappes d’innovation pour l’aider dans sa lutte contre COVID-19. Lundi, il a dévoilé 192 millions de dollars pour un nouveau volet COVID-19 du FIS.

Les PDG canadiens du secteur technologique demandent au gouvernement d’aller encore plus loin avec ses programmes, en mettant en avant le PARI, la RS&DE, FedDev Ontario, SIF, Technologies du développement durable Canada, Ressources naturelles Canada (RNCan) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG).

La lettre demandait que les entreprises qui ont déjà été approuvées et qui reçoivent déjà des fonds fassent l’objet d’une procédure accélérée pour obtenir des fonds supplémentaires si cela est jugé nécessaire, et demandait une certaine souplesse dans la manière dont les fonds sont utilisés. Elle demandait également des programmes pour accélérer la capacité des entreprises à demander des crédits par le biais de programmes tels que les remboursements de RS&DE, le financement du PARI, les avances de FedDev, l’ISP, TDDC, le CRSNG et RNCan, et que le gouvernement offre une flexibilité qui permettrait aux entreprises de recevoir des fonds publics provenant de diverses initiatives.

« Sur les projets approuvés, la flexibilité devrait être assurée en éliminant les clauses « dépensez ou perdez » et les dispositions de « retenue de 10 % » », indique la lettre, ajoutant que le financement des projets approuvés devrait être prépayé au lieu des processus de remboursement actuels.

Fidéliser les employés

La lettre ouverte a mis en évidence la contribution des entreprises canadiennes de technologie et d’innovation au PIB du pays, en soulignant que le secteur représente 11 % de l’emploi national. Elle souligne également que les emplois technologiques canadiens sont payés 51 % de plus que le salaire moyen du secteur privé.

« Pour que les entreprises en phase de démarrage puissent résister à la tempête actuelle, nous devons être en mesure de retenir nos talents », indique la lettre.

À cette fin, il recommande trois mesures : l’ARC suspend la perception de tous les impôts sur le revenu des employés canadiens pendant six mois ; le gouvernement offre des subventions salariales pour permettre aux entreprises de retenir les talents hautement qualifiés ; et l’expansion des mesures d’emploi du PARI, par exemple, le programme d’emploi des jeunes.

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Bien que le gouvernement fédéral ait introduit une subvention salariale de 10 % pour les 90 prochains jours pour les petites entreprises éligibles, la subvention ne va que jusqu’à un maximum de 1 375 $ par employé et 25 000 $ par employeur.

Le Premier ministre Justin Trudeau a été interrogé sur les raisons pour lesquelles le gouvernement fédéral ne prend pas de mesures plus fermes, alors que plusieurs pays offrent des subventions salariales aux employeurs, le Royaume-Uni offrant de couvrir 80 % des salaires des travailleurs et le Danemark soutenant 75 % des salaires des travailleurs dans les cas où les employeurs doivent soit licencier au moins 50 employés. Trudeau a déclaré que des mesures telles que le « gel de l’économie » n’ont pas été exclues.

Trudeau et des ministres, dont M. Bains, n’ont cessé de souligner que rien n’est exclu en ce qui concerne les mesures que le gouvernement pourrait prendre pour lutter contre la COVID-19 et ses effets sur l’économie canadienne. Lors d’une conférence de presse lundi, M. Trudeau a répété que « rien qui pourrait nous aider n’est exclu », tandis que M. Bains a souligné que la situation actuelle exige que tout le monde soit sur le pont, y compris le soutien et la contribution du secteur de l’innovation.



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