Les entreprises high-tech chinoises placées sur la liste noire US

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Lundi dernier, 19 agences gouvernementales, le bureau de la sécurité publique de la région autonome ouïghoure de Xinjiang et huit entreprises chinoises ont été blacklistées par l’administration Trump, et viennent ainsi s’ajouter au rang d’Huawei et de ses filiales. Ces entreprises spécialisées dans le secteur des hautes technologies sont accusées de soutenir Pékin dans des actes de persécution et de répression à l’encontre des groupes de minorités musulmanes, dont les Ouïghours et les Kazakhs, installées dans cette région autonome située au nord-ouest de l’Empire du Milieu.

Sur la base d’accusations de violation à l’encontre des droits de l’homme, les USA ont ainsi ajouté ces entités sur sa liste noire. Cette dernière interdit notamment aux entreprises américaines de leurs fournir tous types de composants et d’équipements, tout en leur fermant les portes du commerce américain en général.

Des entreprises technologiques chinoises compromises dans des actes de violation des Droits de l’homme

Alors qu’Huawei a été placé sur la liste noire US pour cause d’espionnage et de sécurité nationale par l’administration Trump, les 28 entités gouvernementales et entreprises chinoises qui viennent d’y être intégrées sont accusées de violations des Droits de l’homme. Ces accusations sont basées sur les violentes campagnes de répression mise en place par Pékin pour renforcer son contrôle sur la région autonome. Les victimes sont les minorités musulmanes qui font face aux hans, lesquels constituent l’ethnie majoritaire chinoise.

On note par exemple les camps de rééducation et de travail, spécialement dédiés à ces minorités, où elles sont torturées, et obligées à manger du porc. Plus d’un million de victimes y seraient enfermées sans motifs pour y être converties à l’idéologie communiste chinoise. Si la Chine a longtemps réfuté l’existence de tels camps, elle y fut récemment forcée sous la preuve d’images satellites.

La promulgation en 2017 de l’interdiction du port de la barbe et du voile, ainsi que des noms musulmans reflètent également l’intensité de ces campagnes de répression. Ces dernières se sont particulièrement renforcées via la mise en œuvre de campagnes de surveillance basées sur les produits de haute technologie dispensées par certaines entreprises chinoises, dont celles qui viennent d’être blacklistées par l’administration Trump.

De grandes compagnies chinoises spécialisées dans les hautes technologies

Dans le cadre du programme « fabriqué en Chine 2025 », l’Empire du Milieu vise l’autosuffisance technologique. Ainsi, actuellement, si les entreprises chinoises sont obligées de se fournir en composants de dernières technologies auprès de compagnies américaines, la Chine prévoit de pouvoir produire tout ce qui lui est nécessaire, d’ici 5 ans.

Cette ambition chinoise, à devenir le concurrent technologique des USA, est notamment basée sur certaines grandes entreprises, dont font partie celles qui viennent d’être mises sur la liste noire US. Ces dernières sont entre autre accusées de fournir leurs technologies au gouvernement central chinois, dans le cadre d’une campagne de surveillance renforcée des minorités musulmanes de la région autonome ouïghure.

Hikvision : le géant de la vidéosurveillance chinoise sur la liste noire de Trump

La compagnie Hikvision a bénéficié de plusieurs marchés successifs de la part de la République populaire de Chine, dans le cadre du renforcement de la campagne de surveillance policière dans la région autonome de Xinjiang. En effet, uniquement en 2017, elle aurait signé au moins cinq contrats dans le secteur de la sécurité de la région. Elle en aurait tiré plus de 236 millions d’euros de bénéfices.

Parmi les contrats, il se distingue celui de la mise en place d’un système de prévention et de contrôle social de grande envergure, basé sur plusieurs dizaines de milliers de caméras de surveillance. Hikvision profite d’un marché important au niveau international, avec près de 30% des parts du secteur de la vidéosurveillance.

Face à la mise sur la liste noire US, Huang Fanghong, secrétaire du conseil d’administration de Hikvision, a déclaré que l’entreprise pouvait se passer des composants américains, grâce aux nouveaux modèles disponibles, dont des puces directement produites par l’entreprise.

Megvii : le numéro un chinois de la reconnaissance faciale

L’entreprise chinoise Megvii, premier acteur des technologies chinoises en reconnaissance faciale, est notamment accusée d’avoir participé à la création d’un logiciel d’identification personnelle, qui est dédié au suivi des Ouïghours grâce à la création de bases de fiches de données. Les preuves de cette implication ont été dévoilées par le New York Times.

Certains médias affirment également l’existence d’un lien entre Joe Biden, prochain candidat aux élections présidentielles US, et cette entreprise chinoise. En effet, des parts de cette dernière seraient détenues par le fond BHR Partners, dont Hunter Biden, fils de Joe Biden, détient des actions. Cependant, après que Megvii ait été annoncée comme faisant partie de la liste noire US, ses responsables ont évoqué un malentendu, prétextant que les chiffres d’affaires de l’entreprise dans la région de Xinjiang ne s’élèvent qu’à 1%. L’entreprise bénéficie du soutien du géant chinois de la vente en ligne Alibaba.

SenseTime, spécialiste chinois de l’intelligence artificielle et de la surveillance de foule

Spécialisée dans le développement d’applications de reconnaissance faciale et d’image, SenseTime est spécialisée dans l’intelligence artificielle. Parmi ses actionnaires, on cite le chinois Softbank, Alibaba et l’américain Qualcomm, spécialisé dans les puces électroniques. Fournissant des technologies essentielles en matière de surveillance publique et de vérification d’identité, elle dispose d’un laboratoire de recherche dans la Silicon Valley et est partenaire de nombreuses universités, dont le Massachussets Institute of Technologie (MIT), dans les recherches sur l’IA.

Dahua, la vidéosurveillance internationale

Interdite de commerce avec les entreprises US depuis août, Dahua est un fournisseur international d’équipements de vidéosurveillance. En 2018, 36% de son chiffre d’affaire est basé sur des contrats à l’étranger, comme en Italie et au Brésil.

Meiya Pico, spécialisée dans la criminalistique

Selon certains groupes de défense des libertés et des données personnelles, cette entreprise aurait participé au développement de l’application MFSocket, permettant de pirater les smartphones pour en extraire les données.

Yitu, identification et authentification par reconnaissance faciale et vocale

Les applications développées par Yitu sont notamment utilisées par les banques pour la reconnaissance faciale et vocale durant les procédures d’identification et d’authentification.

iFlytek, le géant chinois de la reconnaissance vocale

L’organisme de défense des Droits de l’homme l’accuse en 2017 de fournir aux autorités chinoises une technologie d’identification vocale dédiée à l’espionnage des appels téléphoniques.

Yixin, équipementiers chinois en produits de lutte contre le terrorisme

Fournisseur d’équipements de vidéosurveillance et de reconnaissance faciale pour la lutte anti-terroriste, cette entreprise est basée à Pékin. Elle a équipé les arrêts de bus de systèmes de vidéosurveillance sans fil durant les jeux olympiques de Pékin de 2008.

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