Le bitcoin : un outil de survie pour les Iraniens dans un contexte économique difficile
Depuis plusieurs années, l’économie iranienne fait face à des défis majeurs, notamment une inflation galopante atteignant près de 50% et une dévaluation alarmante de sa monnaie locale, le rial, qui a perdu plus de 90% de sa valeur. Dans cette dynamique, de nombreux Iraniens se tournent vers le bitcoin comme solution alternative. Contrairement aux monnaies traditionnelles, le bitcoin leur offre une opportunité de protéger leur épargne et de contourner les restrictions imposées par le régime. C’est devenu une structure de soutien face à des défis à la fois économiques et politiques.
L’écosystème crypto, estimé à environ 7,8 milliards de dollars en 2025, a vu un bond significatif durant les conflits, où l’adoption de cette monnaie numérique augmente au gré des événements hostiles. Chainalysis, une société spécialisée dans l’analyse des cryptomonnaies, souligne que l’intérêt pour le bitcoin augmente à chaque crise, comme durant les attentats de Kerman ou les frappes de missiles contre Israël. Chaque crise semble renforcer le lien entre l’utilisation des cryptomonnaies et le désir des Iraniens de défier un régime oppressif.
Un exemple marquant est celui de Maryam, une travailleuse indépendante, qui témoigne que « sans l’accès à Bitcoin et à Tether, il serait presque impossible de recevoir des paiements en raison de la censure gouvernementale ». Les cryptos apparaissent ici non seulement comme un moyen de transaction, mais comme un moyen de revendiquer une certaine forme de liberté face à un État qui cherche à contrôler tous les aspects de la vie économique de ses citoyens.
- Protection du patrimoine: Grâce au bitcoin, les Iraniens sauvegardent leurs économies face à l’effondrement du rial.
- Transgressions des frontières: Alors que des restrictions sévères s’appliquent, les cryptomonnaies permettent la libre circulation de la valeur.
- Outils d’autonomie: Les utilisateurs peuvent se soustraire à la censure et à l’oppression en utilisant des actifs numériques.

Les limites du bitcoin dans l’achat quotidien des Iraniens
Malgré cet engouement, il est important de souligner que le bitcoin n’est pas sans limites, surtout concernant l’achat quotidien. Les cryptomonnaies, par leur nature même, souffrent d’une adoption encore limitée dans les transactions courantes. Beaucoup d’Iraniens, bien qu’ils possèdent des bitcoins, trouvent difficile de les utiliser pour acquérir des biens de première nécessité, tels que des aliments ou des vêtements. Ce phénomène est exacerbé par des infrastructures commerciales peu adaptées à l’usage des cryptomonnaies dans leur forme actuelle.
Les quelques options qui existent sont souvent problématiques, puisque de nombreux commerces n’accordent pas encore leur confiance aux cryptos en tant que méthode de paiement viable. Les fluctuations importantes du bitcoin ajoutent aussi à cette complexité; le prix peut varier considérablement d’un jour à l’autre, rendant difficile la fixation de prix stables pour les biens. Cela crée une prolifération d’incertitude pour les commerçants comme pour les consommateurs.
Il est également important d’évoquer le fait que le gouvernement iranien, tout en reconnaissant l’usage croissant des cryptomonnaies, tente de garder son emprise sur leur utilisation. En 2026, l’État a mis en place des mesures restrictives, compliquant l’accès à Internet et freinant ainsi l’accès aux plateformes d’échange. Cette censure rend difficile l’utilisation des cryptomonnaies durant des périodes critiques. Les utilisateurs dépendent donc de leur capacité à récupérer ces bitcoins, souvent pour les placer dans des portefeuilles dans des zones sécurisées, selon l’évolution politique.
L’utilisation stratégique du bitcoin par l’État iranien
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le gouvernement iranien adopte également une posture ambiguë vis-à-vis du bitcoin. En effet, il constate son adoption croissante par la population et s’y intéresse pour son potentiel économique, tout en tentant de le contrôler. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a été identifié comme un acteur utilisant les cryptomonnaies pour contourner les sanctions internationales. En 2025, ce groupe a généré un volume impressionnant de 3 milliards de dollars en transactions de cryptomonnaies. Ce montant pourrait en réalité être sous-évalué, car il ne tient pas compte de toutes les adresses non révélées du CGRI.
L’utilisation des cryptomonnaies par l’État illustre de quelle manière les outils financiers modernes peuvent contribuer à la continuité des opérations d’un gouvernement sous sanctions. Les transactions en cryptomonnaies permettent d’acheminer des financements vers des opérations parfois illégales, renforçant ainsi une dynamique de pouvoir tout en échappant à certains contrôles internationaux.
L’Iran est ainsi devenu le premier pays à offrir des systèmes d’armement à la vente en utilisant des cryptomonnaies. Cela représente non seulement un défi pour les sanctions économiques, mais également un signal fort quant à l’engagement du pays à utiliser les technologies modernes pour se défendre contre l’isolement international. Cela démontre également comment le bitcoin peut acquérir une double nature : celle d’une monnaie pour les citoyens et celle d’un outil d’évasion stratégique pour l’État.
| Utilisation du Bitcoin | Point de vue du gouvernement |
|---|---|
| Outil de protection pour les citoyens | Stratégie pour contourner les sanctions |
| Économie de survie | Contrôle et régulation |
| Transactions anonymes | Financement d’activités militaires |
Bitcoin vs inflation : une lutte quotidienne pour les Iraniens
Dans le contexte actuel où l’inflation est exacerbée par les sanctions économiques, les Iraniens utilisent le bitcoin comme une arme de résistance. En période de crise, leur intérêt pour les cryptomonnaies se renforce, car ces dernières leur fournissent un moyen de garder une certaine maîtrise sur leur pouvoir d’achat. Dans cette optique, les cryptomonnaies deviennent non seulement une solution financière, mais aussi un moyen de défi à un gouvernement autoritaire.
Ces dernières années, des manifestations ont clairement montré le mécontentement croissant des Iraniens face à l’inflation et aux politiques de répression. Il n’est pas surprenant que, dans ces moments d’agitation, les retraits de bitcoins des plateformes soient en forte hausse. Par exemple, les données révèlent une utilisation intense du bitcoin durant les manifestations de 2025. Cela met en lumière la fonction de la cryptomonnaie comme outil d’évasion, mais également comme moyen d’affirmer une identité économique face à l’oppression. Les Iraniens cherchent ainsi à contrer l’inflation et à se protéger de la répression à travers l’achat de bitcoins.
Les luttes des Iraniens révèlent aussi à quel pointles cryptomonnaies peuvent transformer les dynamiques économiques. En facilitant l’accès à un format financier non régulé, elles permettent à une partie de la population de se défendre contre les politiques injustes. L’utilisation croissante du bitcoin incarne une quête de liberté économique, tout en mettant en évidence les dangers que représentent la censure et le manque d’accès.
La dualité du bitcoin : des espoirs face à des attentes déçues
La réalité du bitcoin en Iran relève d’une dualité complexe; d’un côté, il symbolise l’espoir d’une échappatoire à un système économique oppressif, de l’autre, il se confrontent aux dures contraintes de la vie quotidienne. Bien que les Iraniens puissent investir dans les cryptomonnaies pour se protéger de l’inflation, ce processus n’est pas sans obstacle, car le bitcoin ne remplace pas la monnaie nécessaire pour des achats immédiats.
Les Iraniens aspirent à une liberté financière, mais aussi à un moyen d’échapper à la censure gouvernementale. Pour cela, ils se tournent vers la cryptomonnaie tout en naviguant dans un paysage chaotique. Il est évident que l’État tente de contrôler cette nouvelle économie tout en posant des barrières à l’accès à l’information. La dissonance entre un intérêt croissant pour les cryptos et la répression met en lumière un défi contemporain. Une lutte non seulement contre l’inflation, mais également contre un système qui se mobilise pour opprimer les voix dissidentes.
Il est essentiel de reconnaître que la révolution rigoureuse provoquée par l’essor des cryptos est simultanément une source d’espoir, et un reflet des défis persistants. Le bitcoin est devenu un symbole à la fois d’émancipation et de lutte, créant un nouvel élan et un cadre de réflexion sur la résistance face à des conditions adverses. Ce dernier aspect est primordial; ce n’est pas simplement une question de valeur monétaire, mais une affirmation de la dignité et de la liberté.
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Expert en e-commerce pour news.chastin.com, Antoine analyse les stratégies de vente en ligne et les nouvelles tendances du commerce digital. Passionné par l'innovation dans le secteur du e-commerce, il aime partager des conseils sur l’optimisation des plateformes et les meilleures pratiques marketing. Antoine a également d'autres centres d'intérêts comme la course à pied et le design minimaliste.
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